Les Palestiniens de Gaza plus nombreux à tenter de fuir

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par Nidal al-Mughrabi GAZA, 18 septembre (Reuters) - La présence de Palestiniens parmi les migrants qui se sont noyés la semaine dernière en Méditerranée illustre l'augmentation du nombre d'habitants de Gaza tentant de fuir le territoire en quête d'une vie meilleure même si l'ampleur du phénomène est difficile à mesurer. Le HCR, citant des sources militaires égyptiennes, indique de son côté que 15 autres migrants venus de Gaza sont morts samedi au large des côtes égyptiennes lorsque l'embarcation sur laquelle ils se trouvaient a chaviré. La guerre qui a opposé cet été le Hamas à Israël et l'état de l'économie dans le territoire palestinien expliquent l'accroissement du nombre de Gazaouis choisissant les chemins de l'exode. D'après des Palestiniens au courant des passages via les tunnels de contrebande, entre 1.500 et 2.000 habitants du territoire palestinien ont fui l'enclave ces quatre-cinq derniers mois. Alors que quelques individus seulement tentaient jusque-là de gagner l'Egypte pour y embarquer à bord de bateaux vers l'Europe, il n'est plus rare désormais de voir des groupes de plusieurs dizaines de personnes tenter l'aventure. Dans Gaza, l'annonce de la présence de Palestiniens parmi les 700 migrants africains et moyen-orientaux victimes du naufrage de la semaine dernière a suscité une très vive inquiétude parmi les familles sans nouvelles de leur proche. "On estime à 400 le nombre de personnes dont les familles à Gaza n'ont plus de nouvelles", rapporte Khalil Abou Chammal, directeur de l'Association Ad Damir pour les droits de l'homme. "Il faut que des mesures soient prises pour stopper ces voyages vers la mort et l'inconnu", ajoute-t-il. 2.000 DOLLARS POUR UN PASSAGE D'après les témoignages recueillis par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), deux Palestiniens ayant survécu au naufrage de la semaine dernière, probablement provoqué par les passeurs eux-mêmes, ont dit avoir versé 2.000 dollars chacun à des intermédiaires basés dans la bande de Gaza pour avoir une place sur le bateau. En outre, un passage via les tunnels creusés sous la frontière égyptienne, fermée, coûterait de l'ordre de 400 dollars. Le billet pour gagner ensuite le port d'Alexandrie tournerait autour des 800 dollars. Choukri al Assouli, 33 ans, est l'un de ces Gazaouis qui ont tenté de fuir. Le 6 septembre, avec sa femme et leur deux enfants, il a embarqué avec 400 migrants à bord d'un autre bateau à destination de l'Italie. Le navire a sombré. Plusieurs rescapés, dont Assouli, ont été secourus par un navire commercial japonais et conduits en Grèce. Le reste de sa famille est porté disparu. "Tout ce que je désire à présent, c'est entendre leur voix: ma femme, ma fille Retaj et mon fils de huit mois, Yamen", écrit-il dans un texto adressé à un neveu vivant en Suède, qui l'a rendu public. Israël et l'Egypte ont mis en oeuvre un blocus autour de la bande de Gaza qui, avec 1,8 million d'habitants, est l'un des territoires à la plus forte densité démographique de la planète. Le chômage, selon la Banque mondiale, frappe 50% de la population active et de nombreuses familles ne vivent que grâce aux aides de l'UNRWA, l'agence de l'Onu chargée de la protection des réfugiés palestiniens. La guerre de juillet-août contre Israël a accentué le désespoir d'une partie de la population. (Henri-Pierre André pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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