Les paiements, nouveau champ de bataille entre Apple et Samsung

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    * Apple prend des commissions 
    * Samsung compte sur le service pour doper les ventes 
    * Les paiements d'Apple et Samsung disponibles dans 6 pays 
    * Pour l'instant, les recettes sont minimes par rapport au 
marché 
 
    par Matt Siegel et Se Young Lee 
    SYDNEY/SEOUL, 22 juin (Reuters) - Le développement du marché 
des paiements mobiles est l'occasion pour Samsung Electronics 
 005930.KS  de refaire son retard sur Apple  AAPL.O , le groupe 
américain ayant lui saisi depuis longtemps l'importance de bâtir 
un "écosystème" de services autour de ses produits. 
    La capacité de l'iPhone de servir de terminal pour commander 
divers services est une nouvelle source de revenus pour Apple 
qui prélève sur chaque transaction une commission - de 0,15% 
semble-t-il aux Etats-Unis - versée par ses banques partenaires. 
    Samsung pour sa part ne prélève aucune commission chez ses 
associés financiers, considérant le service Samsung Pay comme un 
moyen d'augmenter les ventes de combinés et d'autres matériels.  
    "Nous sommes spécialisés dans les matériels et ce que nous 
voulons fondamentalement, c'est que les usagers de nos 
téléphones les apprécient de plus en plus", explique Elle Kim, 
vice-présidente à l'international de Samsung Pay. 
    Pour l'instant, les adversaires se jaugent: Apple Pay et 
Samsung Pay ne se font concurrence aux Etats-Unis que depuis 
septembre, depuis quatre mois en Chine, et depuis une à deux 
semaines en Australie et à Singapour. Apple Pay est également 
disponible en Grande-Bretagne et au Canada et Samsung Pay en 
Corée du Sud et en Espagne. 
    Apple Pay a généré 10,9 milliards de dollars de recettes en 
2015, surtout aux Etats-Unis, ce qui est peu comparé aux 1.000 
milliards de dollars estimés de transactions mobiles en Chine 
l'an passé, dominées par les géants de l'internet Alibaba 
 BABA.N  et Tencent  0700.HK . 
    Alibaba et Tencent veulent développer ce segment en dehors 
de Chine mais pour l'instant ils n'ont pas réalisé de percée 
décisive. 
    Samsung a dit mardi que l'équivalent de plus d'un milliard 
de dollars de transactions avait transité par son système de 
paiements en Corée du Sud depuis son lancement en août, un 
montant minime par rapport aux 500 milliards de dollars de 
transactions réalisées par des cartes de crédit l'an dernier. 
    Il n'y a a priori aucune raison pour que les banques ne 
collaborent pas avec les deux concurrents mais Samsung a adopté 
une approche susceptible de lui attirer leurs faveurs. 
    "Apple veut contrôler plus et les négociations sont plus 
délicates", dit Christophe Uzureau, vice-président de Digital 
Payment Stratégies du consultant Gartner. "Samsung est plus 
arrangeant, ce qui veut du dire, pour les banques, la 
possibilité d'avoir des conditions plus souples". 
     
    ATOUT DANS LA MANCHE 
    Par ailleurs, Samsung a un atout technologique dans sa 
manche.  
    Apple Pay ne fonctionne qu'avec des terminaux dotés de la 
technologie Near Field Communications (NFC), alors que les 
téléphones compatibles avec Samsung Pay emploient à la fois NFC 
et une technologie plus ancienne appelée Magnetic Secure 
Transmission (MST), qui simule la bande magnétique des cartes de 
paiement physiques. 
    Cela donne à Samsung un avantage dans des pays tels que les 
Etats-Unis où les terminaux NFC ne sont pas légion, constate 
Thomas Ko, l'un des responsables de la recherche-développement 
de Samsung.  
    "Il s'agit pour les paiements mobiles d'être aussi 
disponibles que les cartes de plastique sinon il est très 
difficile pour quiconque de passer du portefeuille au mobile", 
énonce-t-il. 
    Apple et Samsung investissent dans les paiements mobiles 
pour préserver leur capacité de fixer sans trop de contraintes 
les prix de leurs combinés haut de gamme dans un marché dont la 
croissance ralentit avec une concurrence chinoise qui fait 
baisser les prix de vente moyens. 
    "Les deux groupes veulent que leur service de paiement soit 
un ferment de loyauté", dit Foad Fadaghi, directeur général du 
consultant Telsyte. 
    Apple parvient à s'assurer la loyauté de ses abonnés par le 
biais d'un écosystème unique et d'un système d'exploitation 
propriétaire. Samsung, dont les mobiles, comme ceux de bon 
nombre de ses concurrents, tournent sur l'OS Android de Google 
 GOOGL.O , a plus de mal à se différencier. 
    "C'est plus important pour Samsung d'avoir des services tels 
que Samsung Pay pour devancer ses concurrents, nombreux en 
particulier dans la galaxie Android, et surtout chinois", 
déclare Foad Fadaghi. 
     
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Joanny) 
 

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