Les ouvertures des drives ne seront finalement pas plus contrôlées

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Ces lieux de retrait de courses faites sur Internet ne devraient finalement pas avoir besoin d'autorisations commerciales classiques pour voir le jour.

Les géants de la distribution peuvent pousser un ouf de soulagement: le changement de réglementation sur les drives, un temps envisagé pour encadrer le développement des magasins drives, où les consommateurs viennent retirer les commandes faites sur Internet, ne devrait finalement pas avoir lieu.

Arguant d'un vide juridique entourant ce canal de distribution (ces entrepôts ne nécessitent que l'obtention d'un permis de construire et ne sont pas soumis au passage devant la commission départementale d'aménagement commercial), Sylvia Pinel, la ministre de l'Artisanat, du Commerce et du Tourisme, avait promis de les intégrer au droit de l'urbanisme commercial, au même titre que les grandes surfaces de plus de 1000 mètres carrés. Le but: éviter le développement anarchique de ces sites commerciaux d'un nouveau genre.

Or, le projet de loi présent ce mercredi en Conseil des Ministres ne devrait contenir aucune mesure de ce type, selon les Échos de mardi. Contacté par Le Figaro, le cabinet de Sylvia Pinel n'a pas confirmé ces informations ni donné de précisions sur les intentions de la ministre.

«Manie de vouloir stopper tout ce qui fonctionne»

Évoquée fin 2012, ce projet avait suscité la grogne des distributeurs, inquiets sur les freins que cette nouvelle réglementation risquait d'imposer à l'un de leur principaux relais de croissance. A l'horizon 2015, ce canal devrait représenter plus de 6% des ventes de la grande distribution. Mi-juin, l'inventeur du concept Auchan, habituellement discret dans sa communication s'était insurgé contre cette mesure jugée «inutile» et «incohérente». Le directeur général France du groupe Vincent Mignot s'était même à cette occasion déclaré «excédé par cette manie des politiques français de vouloir stopper ce qui fonctionne».

Depuis cinq ans, ces entrepôts se sont développés à toute vitesse, chaque distributeur en ouvrant en moyenne un par semaine. Cette année, ils ont d'ailleurs dépassé les 2000 points de ventes (drives seuls ou attenant à un magasin). S'ils tirent aujourd'hui la croissance de nombreux distributeurs, comme chez Leclerc, ces sites et leur implantation ne se font toutefois pas sans quelques ajustements. Récemment, Carrefour a fermé l'un de ses drives, jugés néfaste à l'un de ses magasins voisins. Ce qui avait renforcé les interrogations autour du mode de développement de ce nouveau canal.

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  • faites_c le mercredi 21 aout 2013 à 10:21

    "Cette année, ils ont d'ailleurs dépassé les 2000 points de ventes (drives seuls..."Encore une démonstration que nos politiques et journalistes sont complètement déconnectés de la vie réelle : un drive n'est absolument pas un point de vente mais uniquement un point de retrait. Mais manifestement ni le journaliste qui a écrit cet article ni Mme Pinel n'ont la moindre idée de la manière dont fonctionne un drive!