Les otages français en Afrique sans doute vivants, dit Le Drian

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LES FRANÇAIS ENLEVÉS AU SAHEL DEPUIS 2009
LES FRANÇAIS ENLEVÉS AU SAHEL DEPUIS 2009

PARIS (Reuters) - Tout laisse penser que les 15 otages français actuellement détenus en Afrique sont vivants, a déclaré mardi le ministre français de la Défense, ajoutant que de rudes combats se poursuivent dans le nord du Mali.

"Je pense que si les otages avaient été tués, les ravisseurs l'auraient fait savoir", a dit Jean-Yves Le Drian sur BFM-TV et RMC en faisant d'abord allusion aux huit otages détenus au Sahel, dont certains peut-être dans le massif des Ifoghas, au Mali. Il a assuré avoir des informations sur leur possible lieu de détention mais n'a pas voulu donner d'autres précisions.

Des forces françaises et tchadiennes mènent actuellement des opérations contre les djihadistes armés qui ont fait du massif des Ifoghas un sanctuaire.

Les familles de quatre Français enlevés au Niger en septembre 2010 par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont demandé lundi au gouvernement français de montrer une volonté de négocier et de faire une pause dans les combats.

"Le président de la République a solennellement appelé les ravisseurs, en ce moment précis, à libérer les otages", a dit mardi le ministre de la Défense.

"Vous les appelez ce matin ?" a demandé le journaliste.

"Je le ferai au téléphone", a répondu Jean-Yves le Drian.

"Vous les avez au téléphone ?" a poursuivi le journaliste.

"Absolument pas, je ne vous dis rien", s'est repris le ministre, comme s'il en avait déjà trop dit.

A l'Elysée, on assurait ne pas savoir de quoi parlait Jean-Yves Le Drian, tout en confirmant que les autorités françaises avaient "une idée de la zone dans laquelle se trouvent les otages".

CONSEIL DE DÉFENSE À L'ÉLYSÉE

Le ministre de la Défense a également dit que "tout laissait penser" que la famille de sept personnes, dont quatre enfants, récemment enlevés dans le nord du Cameroun, probablement par le groupe islamiste Boko Haram, était aussi en vie.

Sur le terrain, les combats se poursuivent dans le massif des Ifoghas, dans le Nord du Mali, où une quinzaine de djihadistes ont été tués dans la nuit de lundi à mardi et où les forces françaises et tchadiennes découvrent sans cesse "des tonnes" de matériel, dont des canons et des explosifs, a dit le ministre.

"Cette nuit, il y a eu des opérations menées par nos forces contre une partie des groupes terroristes qui sont dans cette région, toujours la même région, la vallée de l'Ametettaï, qui est un ensemble où il y a vraiment une concentration", a expliqué Jean-Yves Le Drian, qui a parlé de "sanctuaire" prouvant la volonté des djihadistes d'établir dans cette zone une base arrière pour commettre des attentats en Afrique mais aussi en Europe.

Les forces françaises et tchadiennes ont pris en tenaille le massif des Ifoghas, grand comme le Massif central français, et cette vallée de l'Ametettaï, où elles conduisent depuis deux semaines une opération de nettoyage.

Jean-Yves Le Drian a précisé qu'environ 800 soldats français et autant de Tchadiens étaient engagés dans cette opération.

"Ce n'est pas fini, parce qu'après la vallée de l'Ametettaï il y a d'autres vallées", a-t-il dit, ajoutant que les forces françaises resteraient le temps nécessaire.

Jean-Yves Le Drian a dit ne toujours pas avoir de preuve formelle de la mort, annoncée par les autorités tchadiennes, des chefs islamistes Abdelhamid Abou Zeïd et Mokhtar Belmokhtar.

L'amiral Édouard Guillaud, chef d'état-major de l'armée française, avait jugé lundi "probable" la mort d'Abdelhamid Abou Zeïd mais s'était montré plus prudent quant au sort de l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, l'un des principaux chefs d'Aqmi.

L'amiral avait par ailleurs chiffré le coût de près de deux mois d'opérations militaires au Mali à environ 100 millions d'euros.

Comme chaque semaine au moins depuis le début de l'intervention armée au Mali, un conseil restreint de défense "pour faire le point de la situation au Mali et prendre les mesures conséquentes", s'est tenu dans l'après-midi à l'Elysée.

Aucun des participants n'a fait de commentaire à sa sortie.

Service France, édité par Yves Clarisse

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  • LeRaleur le mardi 5 mar 2013 à 19:27

    La fermer serait honorable, au lieu de raconter n'importe quoi.

  • jack007 le mardi 5 mar 2013 à 10:14

    Il est incoherent dans ses propos, c'est grave.Il vaut mieux ne rien dire dans ces cas la. Il ferait bien de faire un seminaire ''gestion de crise'' pour apprendre a parler aux journalistes.