Les opposants au mariage pour tous défilent à Paris

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MANIFESTATION DES OPPOSANTS AU MARIAGE HOMOSEXUEL
MANIFESTATION DES OPPOSANTS AU MARIAGE HOMOSEXUEL

PARIS (Reuters) - Des dizaines de milliers d'opposants au projet de loi sur le mariage et l'adoption pour tous ont commencé à manifester dimanche à Paris avec l'espoir de contraindre le gouvernement à revoir cette promesse de campagne de François Hollande.

Les organisateurs espèrent mobiliser 300.000 à 500.000 manifestants, ce qui serait l'une des plus importantes manifestations sur une question sociétale depuis celle de l'école libre en 1984.

Trois cortèges distincts sont partis en début d'après-midi de la place d'Italie, de la porte Maillot et de Denfert-Rochereau pour rallier le Champ-de-Mars. Les manifestants agitaient des drapeaux blancs sur lesquels étaient peints en rose un homme, une femme et un enfant. "Un père, une mère, c'est élementaire", chantaient-ils, entre autres slogans.

La présence dans le sillage de l'un des cortèges officiels d'un défilé des catholiques traditionnalistes de Civitas a été dénoncée par les organisateurs, qui disent réprouver son homophobie.

"On est vraiment là pour défendre la notion de famille, un père, une mère, un enfant", a dit l'un des organisateurs. "Un enfant doit pouvoir naître d'un homme et d'une femme", a estimé de son côté l'humoriste catholique Frigide Barjot, l'une des figures du mouvement.

Plus de 1.000 autocars ont été affrétés et cinq rames de TGV privatisées pour permettre à des manifestants de tout le pays de rejoindre la capitale à l'appel du collectif "Manif pour tous".

DÉLÉGATION D'ÉLUS

Les porte-parole du collectif, parmi lesquels Frigide Barjot et le délégué général de l'association anti-avortement Alliance Vita, Tugdual Derville, ont pris part au cortège de la place d'Italie.

Derrière eux suivait une délégation d'élus, dont le président de l'UMP Jean-François Copé, le "patron" du groupe UMP à l'Assemblée Christian Jacob et les anciens ministres Xavier Bertrand et Brice Hortefeux. Une centaine de parlementaires ceints de leur écharpe tricolore étaient également annoncés.

Divisés sur l'idée de manifester, députés et sénateurs de l'opposition de droite se sont rejoints sur l'idée d'un référendum, avec un appel lancé dimanche par 115 parlementaires.

"D'être aux côtés des Français, ça ne nous pose pas de problème", a dit Christian Jacob au départ du cortège, en récusant toute idée de confusion en raison de la présence de Civitas ou de cadres du Front national.

La présidente du FN Marine Le Pen a choisi de ne pas manifester mais une délégation composée de nombreux responsables du parti comme les vice-présidents Louis Aliot et Marie-Christine Arnautu, le secrétaire général Steeve Briois et la députée Marion Maréchal-Le Pen, ont commencé à défiler porte Maillot.

L'épiscopat français n'est pas à l'origine de la manifestation, qui se veut indépendante et apolitique, mais une dizaine d'évêques battaient également le pavé parisien.

FRANÇOIS HOLLANDE DÉTERMINÉ

Ce projet de loi, la plus grande réforme sociétale depuis l'abolition de la peine de mort en 1981 par François Mitterrand, divise au-delà des clivages habituels, même si une grande partie de la droite et les responsables religieux y sont hostiles.

Quelle que soit l'ampleur de la manifestation, le président François Hollande a toutefois fait savoir que le projet irait "à son terme".

Le soutien des Français au mariage pour les couples de même sexe reste quasi-stable avec 56% d'opinions favorables contre 58% en octobre, selon un récent sondage.

La part des Français favorables au droit à l'adoption pour les couples homosexuels diminue en revanche, cédant quatre points en trois mois à 45%, tout comme celle concernant le recours à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples de femmes, en chute de cinq points sur la même période (46%).

Il ressort également des sondages une lassitude des Français par rapport à ce débat. Ils estiment en effet à 62% qu'on en parle "trop", selon un sondage Ifop pour le Journal du dimanche.

Le texte introduisant cette réforme a été présenté le 7 novembre en conseil des ministres. Il doit être soumis à l'Assemblée nationale fin janvier.

Chine Labbé et Gérard Bon, édité par Pascal Liétout

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