Les opposants au mariage pour tous défilent à Paris

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PARIS (Reuters) - Les opposants au mariage gay et à l'adoption par les couples homosexuels ont défilé dimanche à Paris avenue de la Grande-Armée contre le projet de loi sur le "mariage pour tous" en voie d'adoption par le Parlement.

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées en début d'après-midi sous une marée de drapeaux roses et bleus, sur cette avenue qui prolonge les Champs-Elysées au-delà de la place de l'Etoile, pour demander à François Hollande de retirer ce texte et de le soumettre à référendum.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, avait appelé les adhérents du principal parti de l'opposition à participer à cette manifestation à laquelle ont pris part certains de ses élus, dont l'ancien ministre Laurent Wauquiez.

"Si aujourd'hui il y a autant de monde, c'est aussi parce que les gens sont en colère", a-t-il déclaré à BFM-TV. "Et ils sont en colère sur la façon dont le gouvernement a traité ce mouvement. Il l'a traité avec mépris."

Les organisateurs espéraient initialement défiler sur les Champs-Elysées mais n'y ont pas été autorisés.

Le 13 janvier dernier, la précédente manifestation contre le projet de loi sur le "mariage pour tous" avait réuni à Paris 340.000 participants, selon la préfecture de police, un million selon les organisateurs.

Le texte de loi, qui ouvre aux homosexuels la possibilité de se marier et d'adopter, a été voté le 11 février par les députés à l'issue d'un débat marathon émaillé d'incidents.

Il sera examiné en séance publique par les sénateurs à partir du jeudi 4 avril, l'objectif du gouvernement étant que la réforme soit définitivement adoptée avant les vacances d'été.

La ministre de la Famille, Dominique Bertinotti, a estimé sur BFM-TV que les opposants au texte étaient dans leur droit quand ils manifestaient mais que cela n'empêcherait pas cette réforme d'être votée par le Parlement.

Une des figures du mouvement contre le "mariage pour tous", Frigide Barjot, a cependant déclaré sur i-Télé que la messe n'était "pas du tout" dite et que les opposants à ce texte n'entendaient pas désarmer.

"Au Sénat, la commission des lois a failli ne pas adopter cette loi à deux voix près", a-t-elle dit. "C'est toute la France qui est en train de se réveiller et donc nous allons dire au sénateur, 'c'est ton heure' et au président de la République (...) retirez-là pour la soumettre au peuple qui se lève."

Henri Guaino, ancien conseiller spécial de l'ex-président Nicolas Sarkozy, avait pour sa part lancé vendredi dans Le Figaro un appel à "censurer le gouvernement dans la rue" puisque "l'on ne peut pas censurer le gouvernement au Parlement".

Emmanuel Jarry, édité par Henri-Pierre André

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