Les opposants au mariage gay restent mobilisés

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LES ANTI-MARIAGE GAY VEULENT RESTER MOBILISÉS
LES ANTI-MARIAGE GAY VEULENT RESTER MOBILISÉS

PARIS (Reuters) - Les chefs de file de l'opposition au mariage homosexuel ont assuré mardi qu'ils entendaient rester mobilisés, quelques heures avant le vote définitif de ce texte à l'Assemblée.

Le coeur ne semblait toutefois plus y être vraiment, même si le député UMP Henri Guaino disait vouloir continuer à manifester jusqu'à ce que François Hollande "entende la voix de tous ces Français qui demandent à ce que le peuple soit consulté".

La porte-parole de la "Manif pour tous", Frigide Barjot, a pour sa part lancé sur France 2 un appel aux Parisiens à manifester de nouveau mardi contre le texte qui ouvre aux homosexuels le droit au mariage et à l'adoption.

L'un et l'autre admettent que si ce texte est effectivement voté, il sera pratiquement impossible à une nouvelle majorité de l'abroger s'il n'est pas censuré par le Conseil constitutionnel, contrairement à ce que promettent quelques députés UMP.

"Ce serait mentir aux Français que de leur dire que cette loi sera abrogée. C'est extrêmement difficile. Des mariages vont être prononcés, des enfants vont naître", a dit Henri Guaino. "Ce genre de loi est très difficilement réversible, c'est ce qui en fait d'ailleurs le caractère extraordinaire."

Cela rend nécessaire selon lui que les Français soient consultés. "Il ne s'agit pas de faire la loi dans la rue il s'agit de la faire dans les urnes", a-t-il fait valoir.

Frigide Barjot et le collectif "La Manif pour tous" réclament également un référendum.

Pour l'égérie des opposants au mariage gay, ce qui pose problème n'est pas tant d'accorder aux couples de même sexe les mêmes droits à l'union qu'aux hétérosexuels mais la question de l'adoption et de la filiation.

"Il est clair que la loi va s'appliquer, sans doute d'ici juin ou septembre. Les mariages seront valables, on ne démariera pas, c'est absolument évident", a-t-elle dit.

PROCHAINE ÉTAPE, LES ÉLECTIONS ?

Elle propose qu'un référendum donne aux Français à choisir entre le projet de loi Taubira, du nom de la ministre de la Justice, et un texte inspiré d'une proposition de loi du député UMP Daniel Fasquelle instituant une "alliance civile" qui va plus loin que le pacte civil de solidarité (Pacs).

Elle propose d'aller plus loin et de "constitutionnaliser le mariage pour être sûr qu'effectivement (...) on n'ouvre pas des droits procréatifs artificiels".

La mobilisation contre le projet de loi a paru marquer le pas dimanche dernier. Une manifestation n'a rassemblé à Paris que 45.000 personnes selon la police, 270.000 selon les organisateurs.

La porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a cependant pris soin de ne pas tirer de conclusions de cette manifestation, qu'elle a elle-même qualifiée de "régionale" et non de "nationale" comme celle du 24 mars - la police avait alors dénombré 300.000 personnes, les organisateurs 1,4 million.

Des chefs de file des opposants au "mariage pour tous" pensent déjà au coup d'après.

Frigide Barjot assure ainsi que "la Manif pour tous" tentera de peser sur les élections municipales de 2014 en ne soutenant que les candidats ralliés aux "valeurs" des opposants au mariage gay, quitte à présenter ses propres candidats.

Le vice-président de l'UMP et co-fondateur de la "Droite forte" Guillaume Peltier a pour sa part déclaré sur LCI que ce mouvement devait se "transformer en mouvement civique".

"Je prends un engagement : l'UMP organisera un référendum dès 2017 pour abroger la loi" en cas de victoire de son candidat à la présidentielle, a-t-il ajouté. "On ne peut pas être courageux dans l'opposition et frileux au pouvoir."

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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