Les opposants à l'aéroport de Nantes de marbre face aux revers

le
3
LES OPPOSANTS À L'AÉROPORT DE NANTES DE MARBRE FACE AUX REVERS
LES OPPOSANTS À L'AÉROPORT DE NANTES DE MARBRE FACE AUX REVERS

par Guillaume Frouin

NOTRE-DAME-DES-LANDES, Loire-Atlantique (Reuters) - A la veille de leur traditionnel rassemblement d'été, les opposants au projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) refusent de rendre les armes, même si l'étau judiciaire se resserre autour de leur cause.

Le tribunal administratif de Nantes rendra le 17 juillet une décision très attendue concernant les volets environnementaux du projet et le rapporteur public – dont les avis sont souvent suivis par les juges – a préconisé de les rejeter.

Le 2 juillet dernier, le même tribunal administratif avait déjà débouté le Collectif des élus doutant de la pertinence du projet d'aéroport (Cédpa) sur la validité des aides publiques versées à Vinci, condamnant simplement l’Etat et les collectivités locales à réclamer au concessionnaire du projet le paiement d'intérêts sur deux années, soit une somme évaluée à 450.000 euros par les opposants.

"Aujourd'hui, on ne lance pas un appel à soutiens, pour une éventuelle invasion du terrain, car pour nous, il n'y a pas d'urgence", dit Dominique Fresneau, l'un des organisateurs du rassemblement où sont attendus plusieurs milliers de personnes, samedi et dimanche, pour des débats et des concerts.

"On ne veut pas crier inutilement au loup : si le tribunal nous donne tort, c'est sûr qu'on fera appel, puis qu'on ira éventuellement en cassation (...) Cela fait partie de la bagarre juridique habituelle", estime le co-président de l'Acipa, l'une des principales associations d'opposants au projet.

TRAVAUX A LA RENTRÉE ?

Reste que si le gel du projet décrété par François Hollande avait été conditionné à l'extinction des recours, après l'évacuation ratée de la ZAD en 2012, un flou entoure aujourd'hui la portée de cet engagement : pour les partisans du projet, cet accord excluait tout appel ou pourvoi en cassation.

"Les appels ne sont pas suspensifs, il n'y a donc plus lieu d'attendre", s'impatiente ainsi Alain Mustière, président de l'association "Des Ailes pour l'Ouest", qui milite en faveur du "transfert" de l'actuel aéroport de Nantes vers le site de Notre-Dame-des-Landes.

"Il faut que le gouvernement montre son autorité. Si l'Etat recule, cela signifie qu'on ne peut plus faire de chantiers de grande ampleur en France", estime-t-il.

Un tel scénario risque de déboucher sur de nouveaux heurts entre les occupants de la ZAD et les forces de l'ordre, comme ceux qui s'étaient produits à l'hiver 2012 et ceux qui avaient coûté la vie en 2014 à Rémi Fraisse sur le barrage de Sivens.

Mais les opposants à l'aéroport sont convaincus, pour leur part, que François Hollande va "décider de ne pas décider".

"On sent très bien qu'il y a un souhait, à l'Elysée, de laisser le bébé à celui qui prendra le siège en 2017. Il y a une volonté de statu quo, selon Julien Durand, autre co-président de l'Acipa et figure des opposants au projet d'aéroport.

En attendant, faute de décision judiciaire en leur sens, ces derniers vont se faire entendre ce week-end par leur "tribunal".

Ce "Tribunal permanent des peuples" à valeur symbolique va en effet examiner sur place la "plainte" qu'ils ont déposée.

Celui-ci s'appuie notamment sur la déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies, prise en 2007 et qui impose un "droit à la consultation et au consentement" des intéressés avant tout projet d'aménagement sur leurs terres, pour prononcer d'éventuelles "condamnations morales" aux Etats.

(Edité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • vmcfb le vendredi 10 juil 2015 à 15:43

    Quelle démocratie? le choix entre la peste et le choléra?

  • lorant21 le vendredi 10 juil 2015 à 15:33

    Il me semble qu'il y a eu des élections municipales en 2015 et départementales en 2015. La démocratie est là, pas dans les manifs ou les collectifs.

  • vmcfb le vendredi 10 juil 2015 à 15:29

    Nantes atlantique annonce 4 157 284 passagers en 2014, une seule piste; Genève 15,2 millions de passagers, une piste aussi... cherchez le rationnel...une gabegie, même si le droit n'empêche pas d'en faire...Non aux gabegies de nos élus!