Les Occidentaux saluent des avancées sur le nucléaire iranien

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(Actualisé, communiqué après la réunion de Londres, §§ 4-6) par John Irish et Lesley Wroughton LAUSANNE/LONDRES, 21 mars (Reuters) - Les discussions cette semaine à Lausanne ont permis de réaliser de véritables progrès en vue d'un accord sur le programme nucléaire iranien, a estimé le secrétaire d'Etat américain John Kerry samedi, après la suspension pour quelques jours des négociations. Mais à Téhéran le chef de la révolution iranienne, l'ayatollah Ali Khamenei, a réaffirmé que son pays ne se laisserait pas imposer par les Etats-Unis une solution contraire à ses intérêts et à ses droits imprescriptibles. John Kerry s'est rendu samedi après-midi à Londres pour rencontrer ses homologues européens participant au groupe P5+1 qui réunit les Etats-Unis, l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et la Chine. A l'issue de cette réunion, le chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond, a déclaré que des "progrès substantiels" avaient été réalisés avec l'Iran dans des secteurs clés. "Nous sommes d'accord pour dire que des progrès substantiels ont été faits dans des secteurs clés, bien qu'il reste toujours des questions importantes sur lesquelles aucun accord n'a encore été possible", a déclaré le secrétaire au Foreign Office, lisant un communiqué commun. "Maintenant il est temps pour l'Iran, en particulier, de prendre des décisions difficiles", a-t-il poursuivi, ajoutant que les Occidentaux pouvaient uniquement accepter un accord "complet, durable et vérifiable". "Nous ne nous sommes pas dans l'urgence mais il faut reconnaître que des décisions fondamentales doivent maintenant être prises et que les choses seront de moins en moins faciles à mesure que le temps passe", avait auparavant commenté le chef de la diplomatie américaine. KHAMENEI OFFENSIF "Nous n'avons pas encore atteint le but mais, n'en doutez pas, nous avons l'occasion de régler ce problème. C'est une question de volonté politique et de prise de décisions difficiles", a-t-il ajouté. Cette position optimiste semble partagée par le président iranien Hassan Rohani qui a estimé qu'il "n'y avait rien qui ne pouvait être résolu" par les négociateurs qui ont jusqu'au 30 juin pour dégager un compromis définitif. "Au cours de ce tour de table, des points de vue communs sont apparus dans certains domaines où il y avait des divergences d'appréciation et cela peut constituer la base d'un accord final", a-t-il déclaré, cité par l'agence de presse Irna. Le guide suprême de la Révolution iranienne, Ali Khamenei, a affirmé samedi qu'il n'y avait personne en Iran qui ne souhaitait pas une solution négociée à la question du programme nucléaire, contrairement à ce que laisse entendre Washington. Il a toutefois rappelé que l'Iran ne se laisserait pas "tyranniser" par les Etats-Unis dans ces négociations. "Le peuple iranien ne veut pas se faire imposer une solution, ni se faire tyranniser par l'Amérique", a-t-il affirmé. "L'autre camp dit, 'venez négocier et acceptez toutes les dispositions que nous voulons'. Ni nos dirigeants, ni notre équipe de négociateurs, ni le peuple d'Iran qui est derrière eux, personne n'acceptera cela", a-t-il prévenu. "Ils soulèvent la question de l'arme atomique. Ils savent bien pourtant que nous ne cherchons pas à l'acquérir. C'est juste une excuse pour faire pression sur le peuple iranien." A un moment, alors que la foule criait "Mort à l'Amérique!", l'ayatollah Khamenei a répété lui-même cette formule. POUR UN "ACCORD ROBUSTE" S'exprimant avant la rencontre avec ses homologues français, allemand et britannique, John Kerry a reconnu que les enjeux étaient grands et "que les questions étaient complexes, hautement techniques et toutes liées les unes aux autres". Laurent Fabius a rappelé, pour sa part, que la France souhaitait la conclusion d'un accord-cadre avant la fin du mois de mars sur le nucléaire iranien à condition que celui-ci interdise réellement l'accès de l'Iran à l'arme atomique. "La France souhaite un accord mais un accord robuste, c'est-à-dire un accord qui garantisse vraiment que l'Iran puisse évidemment avoir accès au nucléaire civil mais à la bombe atomique, non", a dit le ministre des Affaires étrangères. ID:nL6N0WN04E Les négociateurs se sont fixé deux échéances, la première au 31 mars pour définir un encadrement de la politique nucléaire iranienne et la deuxième au 30 juin pour sceller un accord définitif. Dans ces négociations, Paris adopte une ligne plus stricte que celles de ses partenaires et demande notamment que l'accord s'étende sur une période de quinze années, assortie de dix années supplémentaires au cours desquelles les sites nucléaires iraniens seraient contrôlés de manière intensive. Le prochain cycle de négociations avec Téhéran sur le programme nucléaire de la République islamique doit débuter le 26 mars, a déclaré samedi le ministre russe des Affaires étrangères cité par l'agence Interfax. (Avec Emmanuel Jarry à Paris; Pierre Sérisier et Guy Kerivel pour le service français)

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