Les observateurs de l'Onu espèrent sauver la trêve en Syrie

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SIX OBSERVATEURS DE L'ONU ONT ENTAMÉ LEUR MISSION EN SYRIE
SIX OBSERVATEURS DE L'ONU ONT ENTAMÉ LEUR MISSION EN SYRIE

par Mariam Karouny

BEYROUTH (Reuters) - A pied d'oeuvre en Syrie, le premier groupe de six bérets bleus de l'Onu a fait part de sa détermination, lundi, à sauvegarder le cessez-le-feu négocié par Kofi Annan, malgré la poursuite d'affrontements meurtriers dans le centre et le nord du pays.

Les six hommes sont arrivés à Damas dimanche soir, sous la direction du colonel marocain Ahmed Himmiche.

"Nous allons nous organiser pour être prêts à accomplir notre mission le plus rapidement possible", a déclaré lundi l'officier à la presse avant de quitter son hôtel de Damas pour un entretien avec les autorités syriennes.

"Tous les casques bleus sont optimistes", a-t-il répondu à une question sur les chances de voir la mission de l'Onu, qui devrait compter à terme quelque 250 observateurs, mettre fin aux violences qui durent depuis plus d'un an.

Une mission d'enquête du Conseil des droits de l'homme de l'Onu a fait part de son inquiétude face à la "dégradation de la situation humanitaire" et à la poursuite des violences, même si celles-ci ont diminué d'intensité depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu jeudi dernier.

L'équipe dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro, qui n'a pas été autorisée à se rendre en Syrie mais a interrogé des réfugiés dans les pays voisins, a mentionné des bombardements et des arrestations de la part des forces gouvernementales et aussi des exécutions sommaires de soldats capturés par les rebelles.

Selon les opposants syriens, le président Bachar al Assad n'a toujours pas retiré ses troupes et ses armes lourdes des centres urbains et des échanges de tirs entre soldats de l'armée régulière et déserteurs ont fait quatre morts lundi à Idlib, non loin de la frontière turque. Deux autres personnes ont été tuées lorsque leur voiture a été prise sous le feu à Hama, dans le centre du pays, a-t-on appris de même source.

MISSION VIABLE ?

Les activistes ont fait état également de nouveaux tirs de mortier contre les quartiers de Bayada et Khaildiya, à Homs. Une vidéo sur YouTube montre de violentes explosions soulever des nuages de fumée et de poussière.

"Tôt ce matin, on a vu un hélicoptère et un avion de reconnaissance survoler la ville. Les bombardements ont commencé dix minutes plus tard", a raconté Walid al Fares, un militant de Homs. Un autre habitant a déclaré que les troupes régulières tiraient à la mitrailleuse lourde.

Enfin, des blindés des forces de sécurité ont mené un raid contre le village de Khatab, dans la province de Hama, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), évoquant des dizaines d'arrestations.

La poursuite des violences pose la question de la viabilité de la mission de l'Onu. En janvier, une initiative du même type de la Ligue arabe avait tourné court, les observateurs ayant jugé après un mois sur le terrain que leur sécurité n'était pas assurée en raison de la répression brutale des manifestations et des attaques des rebelles.

Le régime de Bachar al Assad impute l'escalade des violences à des "groupes terroristes", dont il se dit déterminé à arrêter "les agressions criminelles contre l'armée, les forces de l'ordre et les citoyens, qui ont augmenté hystériquement depuis l'annonce de la fin des opérations militaires", a écrit dimanche l'agence de presse officielle Sana.

Le Conseil de sécurité des Nations unies a autorisé samedi à l'unanimité le déploiement de trente observateurs dans le cadre d'une mission préparatoire qui devra "essayer de faire des propositions concrètes d'ici au 18 avril", a dit le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, à la radio de l'Onu à Genève.

"Les 25 observateurs restants doivent arriver dans les prochains jours", a précisé le porte-parole de Kofi Annan, qui a dit s'attendre à l'adoption en fin de semaine d'une seconde résolution autorisant le déploiement de la mission de 250 observateurs, parmi lesquels des experts des droits de l'homme.

Avec Stéphanie Nebehay à Genève; Tangi Salaün pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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