Les nouveaux contrats d'assurance-vie enfin sur les rails

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Le gouvernement en dévoile les détails au moment où la collecte du placement préféré des Français repart.

L'assurance-vie est redevenue le placement préféré des Français. Avec 8,8 milliards d'euros collectés sur les cinq premiers mois de l'année, elle est bien partie pour faire mieux en 2014 qu'en 2013. L'an dernier, elle avait attiré 10,7 milliards d'euros... sur les douze mois. Les assureurs se gardent bien de fanfaronner et rappellent volontiers qu'on est loin encore des records de 2010 (51 milliards d'euros). Mais ce retour en grâce tombe à pic. Car au moment précis où la FFSA (Fédération française des sociétés d'assurances) annonçait ces chiffres, Michel Sapin, le ministre de Finances, présentait en Conseil des ministres l'ordonnance qui détaille le fonctionnement du nouveau fonds euro-croissance. Créé par la dernière loi de finances, ce placement «nouvelle génération» est censé permettre aux assureurs d'investir davantage en Bourse et dans les PME, là où les capitaux de l'assurance-vie seraient plus utiles à l'économie.

Après l'ordonnance dévoilée mercredi, le décret et les arrêtés sont promis pour juillet. D'ici à la fin de l'année, quelques assureurs au moins devraient donc lancer ces nouveaux fonds. «La concurrence sera forte», prédit Bernard Spitz, le président de la FFSA. Bercy a d'ailleurs prévu de demander aux assureurs et aux distributeurs de respecter une «charte de bonnes pratiques de commercialisation».

Bercy espère 50 milliards

Selon lui, les fonds euro-croissance devraient à terme collecter 50 milliards d'euros. Les assureurs, eux, se refusent à avancer un chiffre. Mais ils se réjouissent de pouvoir glisser ces nouveaux fonds dans les contrats déjà souscrits par leurs clients. Même les vieux contrats monosupports pourront se convertir, sans perdre leur antériorité fiscale. «Ce n'est donc pas seulement la collecte nouvelle qui est concernée par cette innovation, mais tout le stock de l'assurance-vie (1 500 milliards d'euros)», note Bernard Spitz.

Présenté par certains assureurs comme «l'assurance-vie du XXIe siècle», le fonds euro-croissance est moins protecteur pour l'épargnant car il ne garantit pas à tout moment le capital investi, mais seulement au bout de 8, 10 ou 12 ans. En contrepartie, il est censé offrir de meilleurs rendements que l'assurance-vie classique. «Mais sans doute seulement 0,50 % à 0,80 % par an de plus», précise Didier Ledeur, directeur général de GMF Vie. Trop peu pour convaincre les Français de changer leurs habitudes et de prendre plus de risques? Si la collecte de l'assurance-vie est repartie, c'est bien que les rendements actuels (2,8 % en moyenne en 2013) sont jugés suffisamment attractifs face au livret A, aux livrets bancaires dont la fiscalité s'est beaucoup alourdie depuis 2013, «et à une l'inflation qui n'est plus que de 0,7 %», ajoute Didier Ledeur.

Certains assureurs n'ont donc aucune envie de commercialiser ces nouveaux fonds. Mais d'autres y croient. «C'est un produit malin pour les Français qui investissent à long terme, pour leur retraite par exemple, et qui ont besoin d'un peu plus de performances», selon Benoît Gommard, membre du comité exécutif de BNP Paribas Cardif France. Ils sont nombreux: la durée de détention moyenne d'un contrat d'assurance-vie est de 12 ans.

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