les néonicotinoïdes interdits en France à partir de 2018

le , mis à jour à 13:18
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PLUS DE NÉONICOTINOÏDES EN FRANCE À PARTIR DE 2018
PLUS DE NÉONICOTINOÏDES EN FRANCE À PARTIR DE 2018

PARIS (Reuters) - Les députés français ont voté l'interdiction à partir du 1er septembre 2018 des néonicotinoïdes, des pesticides accusés de nuire aux abeilles et donc à la pollinisation, mais aussi à la santé.

Par 30 voix contre 28, la commission du Développement durable de l'Assemblée a adopté jeudi soir un amendement en ce sens, contre lequel ont longuement ferraillé les groupes Républicains et les centristes de l'UDI, soutenus par quelques socialistes, qui s'inquiètent des conséquences pour les agriculteurs.

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, avait adressé la semaine dernière une lettre aux députés leur demandant de ne pas voter cette interdiction susceptible selon lui de provoquer "des distorsions" entre les agriculteurs français et leurs collègues européens au détriment des premiers.

Dans un communiqué publié vendredi, il salue le fait que la mesure entre en vigueur en septembre 2018, et non début 2017 comme le voulait une première version du texte, "l'urgence" étant désormais de trouver des "solutions de substitution".

Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, s'est quant à elle réjouie d'une décision qui va "préparer l'avenir et protéger les abeilles et les services qu'elles nous rendent".

"Les insecticides de la famille des néonicotinoïdes ont un effet sur le système nerveux des abeilles et de récentes études scientifiques révèlent un effet possible sur le développement cérébral des êtres humains", relève-t-elle dans un communiqué.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments est en train d'évaluer sa position sur les néonicotinoïdes au vu d'études qui lui ont été communiquées en 2015. Elle rendra son avis en janvier 2017. Pour l'heure, elle limite l'utilisation de trois d'entre eux (chlothianidine, imidaclopride et thiamétoxam).

"UNE IMPASSE AGRONOMIQUE"

L'eurodéputée Michèle Rivasi (Europe-Ecologie-Les Verts) a souhaité vendredi que l'Union européenne s'inspire de l'initiative française.

"De récentes études, comme celle de la Royal Holloway University of London, ont montré l’impact délétère des néonicotinoïdes sur les insectes pollinisateurs. La Commission européenne n’a donc plus d’autre choix: elle doit revoir le règlement en vigueur et interdire totalement les néonicotinoïdes", dit-elle dans un communiqué.

A contrario, le groupe chimique allemand Bayer déplore "une impasse agronomique et économique pour l’agriculture française" qui "n’apportera pas de réponse efficace aux causes de mortalité des abeilles."

L'amendement sur les pesticides a été adopté dans le cadre de l'examen en deuxième lecture du projet de loi visant à renforcer et renouveler les politiques publiques en faveur de la biodiversité.

Parmi les autres mesures-clés introduites dans le texte figurent la taxe sur les huiles de palme, de palmiste et de coprah et l'inscription dans le Code civil du préjudice écologique.

Le Sénat devrait procéder en mai ou juin à une seconde lecture du texte dont le parcours parlementaire a commencé il y a deux ans.

Ensuite sera convoquée une commission mixte paritaire (CMP) Assemblée-Sénat qui tentera de mettre au point un texte commun aux deux assemblées. Un objectif difficile à atteindre du fait du nombre de dispositions contenues dans le texte.

L'Assemblée, qui a constitutionnellement le dernier mot, devrait procéder en juin ou juillet à la lecture définitive.

(Emile Picy, édité par Sophie Louet)

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  • mo.conta le vendredi 18 mar 2016 à 17:12

    donc ils sont ok pour nous empoisonner jusqu'en 2018

  • paspil le vendredi 18 mar 2016 à 14:54

    après 20 ans d'utilisation , pas de grandes etudes sur les effets sur l'homme , et vu la faible biodegradabilité nos enfants vont en profiter à des doses que nous ne connaissons pas encore ...

  • M3759267 le vendredi 18 mar 2016 à 14:07

    France / Union Européenne, J'ai comme l'impression que chacun travaille dans son coin.