Les négociations sur le climat dans l'impasse à Doha

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LES POURPARLERS TOUJOURS DANS L'IMPASSE À DOHA
LES POURPARLERS TOUJOURS DANS L'IMPASSE À DOHA

par Daniel Fineren et Regan Doherty

DOHA (Reuters) - L'engagement pris par l'Union européenne d'augmenter son aide financière aux pays en voie de développement afin de leur permettre de s'adapter aux effets du changement climatique n'a pas permis de débloquer les pourparlers à la conférence de Doha.

Les négociations de l'Onu qui doivent prendre fin vendredi après deux semaines de discussions visent à trouver un accord sur des objectifs ambitieux de réduction d'émission de gaz à effet de serre et sur une prolongation du protocole de Kyoto qui s'éteindra le 31 décembre, quinze ans après son adoption.

Plusieurs pays de l'Union européenne ont annoncé une enveloppe d'aide supplémentaire aux pays du Sud pour faciliter leur transition énergétique et faire face à la multiplication des inondations, des vagues de canicule et de sécheresse et de la hausse du niveau de la mer.

"Nous allons en réalité verser plus d'argent l'an prochain et en 2014 que lors des deux dernières années", a déclaré la commissaire européenne au Climat, Connie Hedegaard, à Reuters.

Au total, les engagements nationaux pris par l'Allemagne, la Grande-Bretagne, la France, les Pays Bas, la Suède, le Danemark et la Commission européenne à Doha représentent plus de 6,85 milliards d'euros d'aide pour les deux prochaines années, soit davantage qu'en 2011-2012, a-t-elle ajouté.

Mais tout en saluant cet engagement, les pays en développement ont une nouvelle fois exigé la participation à ces efforts des Etats-Unis, du Japon et de l'Australie notamment, pour atteindre un doublement de l'aide à 20 milliards de dollars par an sur la période 2013-2015 contre 10 milliards de dollars en 2010-2012.

"Nous saluons les engagements qui ont été pris par certains pays mais nous pensons que cela doit être fait à l'intérieur d'un cadre", a déclaré le Gambien Pa Ousman Jarju, président du groupe des pays les moins développés.

L'augmentation de l'aide financière constitue le point de friction entre les pays riches, réticents à se fixer de nouveaux objectifs ambitieux en pleine crise économique, et les pays du Sud.

Un échec des négociations qui se tiennent dans la capitale qatarie serait toutefois moins retentissant que lors du sommet de Copenhague de 2009 qui avait suscité de nombreuses attentes et avait illustré au final l'incapacité des dirigeants mondiaux à se mettre d'accord sur un texte de lutte contre le changement climatique.

DÉSASTRE

Dix ans après la célèbre formule "Notre maison brûle et nous regardons ailleurs" de Jacques Chirac au sommet de la Terre en Afrique du Sud, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a appelé l'ensemble de la communauté internationale à "faire preuve de la sagesse nécessaire pour traiter des causes et des conséquences de dérèglements dont nous sommes à l'origine."

"Si la Terre pouvait parler, son message aujourd'hui serait simple : Mayday, Mayday, Mayday", a-t-il dit à la tribune de Doha, avant de confirmer la candidature de la France à l'organisation de la Conférence sur le climat en 2015.

Du côté des organisations de défense de l'environnement, Greenpeace, le WWF et Oxfam entre autres ont lancé "un appel d'urgence aux gouvernements pour sauver Doha du désastre"

"Il s'agit d'un exercice presque ridicule", a estimé Kumi Naidoo, chef de Greenpeace, accusant les pays riches de ne pas s'être fixés d'objectifs suffisamment ambitieux alors que les émissions de gaz à effet de serre d'origine industrielle ont augmenté de 2,6% cette année selon le rapport annuel du Global Carbon Projet.

L'Union européenne, l'Australie, l'Ukraine, la Norvège et la Suisse se disent prêts à prendre de nouveaux engagements lorsque le protocole de Kyoto, qui oblige une quarantaine de pays à respecter des objectifs chiffrés de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), prendra fin le 31 décembre.

Mais le Canada, le Japon, la Russie et les Etats-Unis refusent de ratifier un nouveau traité sur le changement climatique si les grands pays émergents comme la Chine et l'Inde, respectivement premier et troisième plus gros émetteurs de GES au monde, ne sont pas parties prenantes du processus.

Marine Pennetier pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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