Les négociations reprennent contre la montre en Grèce

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REPRISE DES NÉGOCIATIONS SUR LE PLAN D'AIDE À LA GRÈCE
REPRISE DES NÉGOCIATIONS SUR LE PLAN D'AIDE À LA GRÈCE

par George Georgiopoulos et Lefteris Papadimas

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce et ses créanciers privés reprennent jeudi à Athènes leurs dures négociations sur la restructuration de la dette du pays alors que le temps presse pour éviter un défaut.

Le gouvernement grec, qui a en ligne de mire une importante échéance de remboursement en mars, veut éviter un défaut chaotique. Il espère que les négociations aboutiront cette semaine.

Le négociateur en chef chargé de représenter les banques et les assureurs, le directeur général de l'Ifi Charles Dallara, doit rencontrer le Premier ministre grec Lucas Papademos vers 18h00 GMT après une réunion d'experts où seront abordés les détails techniques.

La directrice générale du Fonds monétaire international Christine Lagarde a accentué la pression mercredi en soulignant que le FMI et les autres créanciers publics - la BCE en est un - allaient sans doute devoir passer des pertes si celles acceptées par le secteur privé n'étaient pas suffisantes pour ramener la dette grecque au niveau souhaité.

Les créanciers privés veulent que les autres entités qui ont prêté à la Grèce et notamment la Banque centrale européenne, qui est le premier créancier d'Athènes, participent à la restructuration de la dette qui prévoit un échange des obligations existantes pour de nouveaux titres offrant une rémunération nettement inférieure.

"Nous somme prêts à faire un effort si tous les autres (y compris la BCE) font un effort", commente-t-on de source proche des discussions. La question du coupon attaché aux nouvelles obligations est la principale pierre d'achoppement dans les négociations.

Le Fonds monétaire international, l'Allemagne et d'autres pays de la zone euro estiment qu'il doit être suffisamment bas - 3,5% - pour permettre à la dette grecque de ne plus représenter que 120% du PIB en 2020, contre 160% actuellement. La dette grecque se monte à plus de 350 milliards d'euros.

Les créanciers privés proposent un coupon de 4%. Cette offre a été rejetée lundi par les ministres des Finances de la zone euro.

Un tel échange de dette est le préalable au déblocage d'un deuxième plan de renflouement de 130 milliards d'euros mis au point par le FMI et l'Union européenne (UE).

LE COUPON AU CENTRE DES DISCUSSIONS

Les négociations avec les créanciers privés "sont en bonne voie", a toutefois estimé jeudi la chancelière allemande Angela Merkel lors d'une conférence de presse avec son homologue espagnol Mariano Rajoy. Un accord est "proche", a pour sa part souligné Olli Rehn, le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.

Faute d'accord avec les créanciers privés, la Grèce pourrait se retrouver en situation de défaut de paiement lorsque 14,5 milliards d'euros d'obligations viendront à échéance en mars. Un défaut mal organisé de la Grèce pourrait aggraver la crise dans la zone euro.

La Banque centrale européenne a pris les devants fin 2011 pour atténuer ces anticipations en injectant massivement des liquidités dans le système : elle a prêté au secteur bancaire près de 500 milliards d'euros sur trois ans.

Selon la presse grecque de jeudi, les créanciers privés de la Grèce sont prêts à revoir leur "offre maximale". Ils envisagent désormais d'accepter que les nouvelles obligations qu'ils recevront en échange des emprunts existants aient un taux d'intérêt moyen de 3,75%.

"A Paris, Charles Dallara a discuté avec de hauts dirigeants bancaires pour déterminer leur position et, selon des sources, ils vont soumettre une nouvelle offre améliorée pour un taux d'intérêt moyen de 3,75%", écrit le journal Ethnos.

Un autre quotidien, Kerdos, évoque un taux d'intérêt d'environ 3,8%. De son côté, le journal Kathimerini rapporte que le coupon pourrait être inférieur à 4% et proche de 3,75%.

Mercredi, le président de BNP Paribas a déclaré que les banques n'offriraient aucune concession supplémentaire dans les négociations visant à effacer une partie de la dette de la Grèce.

La BCE a exclu d'accepter des pertes volontaires sur ses avoirs en dette grecque mais examine désormais la manière dont elle gérerait une perte contrainte et la possibilité d'utiliser des recours juridiques pour éviter une telle hypothèse, ont rapporté mercredi des sources de la banque centrale.

Le porte-parole du gouvernement grec, Pantelis Kapsis, a précisé que le rôle de la BCE ne serait pas au centre des discussions jeudi entre Charles Dallara et Lucas Papadémos.

Avec Tatiana Fragou; Jean Décotte et Danielle Rouquié pour le service français, édité par Benoît Van Overstraeten

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