Les négociations entre la Grèce et ses créanciers se prolongent

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VERS UN COMPROMIS ENTRE LA GRÈCE ET SES CRÉANCIERS INTERNATIONAUX
VERS UN COMPROMIS ENTRE LA GRÈCE ET SES CRÉANCIERS INTERNATIONAUX

ATHÈNES (Reuters) - La Grèce et ses créanciers internationaux se rapprochent d'un compromis concernant les réformes prises ou envisagées dans le pays, ce qui permettra de débloquer une nouvelle tranche d'aide de son plan de sauvetage, a-t-on appris lundi de sources gouvernementales, après dix heures de négociations à Athènes.

Les négociateurs - gouvernement grec, Commission européenne, Banque centrale européenne, Mécanisme européen de Stabilité et Fonds monétaire international - se sont séparés lundi peu avant à 04h00 GMT et vont se revoir dans la journée.

"Il y a quelques détails à régler concernant l'aspect budgétaire des choses (...) Nous sommes très près (d'un accord)", a dit la source gouvernementale, ajoutant qu'il y avait encore des divergences de vue sur les réformes des régimes de retraite et la réglementation sur les créances douteuses.

La Commission européenne a indiqué pour sa part à la presse que des avancées avaient eu lieu pendant le week-end, tout en ajoutant que les négociations se poursuivaient. Elle a précisé que les créanciers de la Grèce s'en tenaient à leur exigence d'un excédent budgétaire primaire de 3,5% du PIB en 2018.

Le FMI a laissé entendre qu'un objectif d'excédent primaire plus faible en 2018 pourrait être plus réaliste et serait atteignable si la zone euro proposait un allègement de la dette de la Grèce.

"Notre objectif est de boucler l'examen le plus vite possible", a ajouté la porte-parole de la Commission.

L'examen des réformes a traîné en longueur pendant des mois, en raison surtout d'un désaccord entre les créanciers sur la prévision du déficit budgétaire de la Grèce d'ici 2018, que l'UE voyait au départ à 3% du PIB, Athènes à 1% et le FMI à 4,5%.

Le gouvernement grec et ses créanciers ont accepté de se baser sur un scénario de déficit à 3% dans les négociations.

Toutefois, le FMI et l'UE sont toujours en désaccord sur la question de savoir si Athènes pourra atteindre un excédent primaire (hors service de la dette) de 3,5% en 2018, a dit à Reuters un responsable politique qui participe aux discussions.

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a accusé lundi le FMI de s'entêter à vouloir faire appliquer de "mauvaises politiques" en Grèce, bien que le Fonds ait reconnu des erreurs dans les deux premiers plans de sauvetage auxquels il a participé.

"En Grèce, de mauvaises politiques ont été mises en oeuvre et il est paradoxal que ceux qui ont reconnu qu'il s'agissait de mauvaises politiques, admettant leur erreur, persistent à commettre cette erreur", a dit Alexis Tsipras.

Une conclusion positive de l'examen des réformes permettra de débloquer jusqu'à cinq milliards d'euros alors qu'Athènes doit rembourser 3,5 milliards au FMI et à la BCE en juillet.

Dimanche, le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, s'est dit "plutôt optimiste" sur la possibilité de parvenir à une "solution dans les semaines à venir" avec la Grèce mais a ajouté qu'il n'y aurait pas d'allègement de la dette.

La Grèce espère de son côté qu'un jugement positif sur son action dans le cadre du plan de sauvetage ouvrira la voie à des discussions sur un allègement du fardeau de sa dette.

(Michèle Kambas, Franceso Guarascio et Jan Strupszewski, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Bertrand Boucey)

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  • 82554976 il y a 8 mois

    l'absence de decision va faire disparaitre l'Europe toute entière

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