Les négociations avancent sur un nouveau pacte pour EADS

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LES NÉGOCIATIONS AVANCENT SUR UN NOUVEAU PACTE POUR EADS
LES NÉGOCIATIONS AVANCENT SUR UN NOUVEAU PACTE POUR EADS

PARIS/BERLIN (Reuters) - La France et l'Allemagne poursuivaient dimanche soir des négociations à Paris avec des représentants d'EADS, de Daimler et de Lagardère en vue de s'entendre sur une nouvelle structure actionnariale pour le groupe européen d'aéronautique et de défense, selon diverses sources.

Une source proche de l'industrie, on a assuré que les discussions étaient "en voie de finalisation".

"On va vers ce qui a été annoncé dans la presse partout depuis quelques jours. Les représentants des gouvernements sont en train de parler avec Daimler et Lagardère. C'est à eux de trouver la solution, et EADS mettra en place ce qu'ils ont décidé", a dit la source.

Dans un article à paraître lundi, le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung précise que les discussions visent à limiter les participations d'Etat à 30% dans EADS, seuil qui nécessiterait le lancement d'une offre sur l'ensemble du groupe selon la législation des Pays-Bas où le groupe est enregistré.

La France et l'Allemagne auraient chacune 12% du capital et l'Espagne 4%, laissant un coussin de 2% que les Etats pourraient acquérir par la suite.

EADS n'a pas souhaité commenter ces informations dimanche.

LAGARDÈRE ET DAIMLER LIBRES DE SE DÉSENGAGER

Reuters avait rapporté vendredi que Paris ramènerait sa participation de 15% actuellement à 12%, à parité avec l'Allemagne, dans le cadre du nouveau pacte en cours de négociation et qui vise à remplacer celui issu de la création d'EADS en 2000.

Les 3% restants de la participation de l'Etat français seraient placés dans une fondation aux Pays-Bas, solution qui permettrait à la France d'éviter une cession politiquement délicate - le gouvernement ne souhaitant pas être accusé de désengagement ou de mollesse vis-à-vis de l'Allemagne.

Selon la presse, les discussions portent également sur la répartition des sièges au comité exécutif. La France et l'Allemagne auraient chacune deux sièges et l'Espagne en compterait un.

Le nouveau pacte serait soumis aux actionnaires au printemps 2013.

La révision de la structure actionnariale d'EADS est devenue une priorité depuis l'échec du projet de fusion avec le britannique BAE Systems qui a révélé la fragilité des arrangements actuels. L'Allemagne, en particulier, souhaite une participation directe et égale à celle de la France.

Actuellement, l'Etat français détient 15% du capital directement et le groupe Lagardère 7,5%. Du côté allemand, le groupe industriel Daimler possède 15% d'EADS et un consortium de sept banques allemandes (Dedalus) se partage 7,5%.

Pour parvenir à 12% du capital, Berlin achèterait 7,5% au consortium Dedalus et 4,5% à Daimler, selon des sources. Le groupe industriel céderait 3% sur le marché.

Lagardère et Daimler conserveraient ainsi chacun 7,5% du capital mais en dehors du pacte, ce qui leur laisserait la possibilité de sortir au moment opportun comme ils ont pu en exprimer le souhait.

Alexandra Hudson, Véronique Tison et Emmanuel Jarry pour le service français, édité par Marc Joanny

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