Les Néerlandais disent "non" à l'accord entre l'UE et l'Ukraine

le , mis à jour à 09:56
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 (Actualisé avec résultats officiels) 
    par Thomas Escritt et Anthony Deutsch 
    AMSTERDAM, 7 avril (Reuters) - Le "non" l'a largement 
emporté mercredi lors du référendum aux Pays-Bas sur l'accord 
d'association entre l'Union européenne et l'Ukraine, selon les 
résultats publiés jeudi, qui pourraient remettre en question la 
ratification du traité, voire la survie du gouvernement 
néerlandais. 
    Le "non" a recueilli 64% des suffrages et la participation a 
atteint 32%, un niveau particulièrement bas pour le pays mais 
légèrement supérieur au seuil de 30% nécessaires pour que le 
scrutin soit validé. 
    L'accord, qui porte sur le commerce, la politique et la 
défense, est déjà en place à titre provisoire mais il doit être 
ratifié par les 28 Etats membres de l'UE pour avoir pleine force 
légale. Les Pays-Bas sont le seul pays à ne l'avoir toujours pas 
ratifié. 
    Le référendum de mercredi n'est que consultatif et malgré la 
victoire du "non", le gouvernement néerlandais n'est 
théoriquement pas tenu de bloquer le traité au niveau européen.  
    Le Premier ministre Mark Rutte a déjà signé l'accord mais il 
va lui être difficile de ne pas tenir compte de l'opinion de ses 
concitoyens au moment de le faire ratifier, d'autant que sa 
coalition est minoritaire au Sénat. 
    "Si la participation dépasse 30% et que le camp du 'non' 
l'emporte avec une marge importante, alors mon sentiment est que 
la ratification ne peut tout simplement pas se poursuivre", a 
déclaré Mark Rutte à la télévision.  
    En visite à Tokyo, le président ukrainien Petro Porochenko a 
estimé que Kiev devait "prendre en considération" ce résultat, 
tout en relativisant son importance. 
    "Nous allons continuer à nous rapprocher de l'Union 
européenne", a-t-il assuré jeudi. 
    La Commission européenne n'a pas réagi dans l'immédiat.  
         
    LE GOUVERNEMENT MENACÉ? 
    Selon certains commentateurs politiques, le résultat du 
scrutin de mercredi pourrait entraîner la chute du gouvernement 
Rutte, très impopulaire, et la convocation d'élections 
anticipées. Les prochaines législatives sont pour le moment 
programmées au plus tard en mars 2017. 
    Le principal adversaire de Mark Rutte, l'eurosceptique et 
islamophobe Geert Wilders, dont la popularité est au plus haut 
sur fond de crise migratoire en Europe, a estimé que le résultat 
du référendum marquait "le début de la fin" pour le gouvernement 
comme pour l'Union européenne sous sa forme actuelle.  
    "Si deux tiers des électeurs disent 'non', cela s'appelle un 
vote de défiance du peuple contre les élites de Bruxelles et La 
Haye (siège du gouvernement, NDLR)", a-t-il écrit sur son compte 
Twitter. 
    Appliquer le traité malgré le "non" néerlandais renforcerait 
de fait les critiques sur le déficit démocratique reproché à 
l'UE, dont les Pays-Bas assurent la présidence tournante 
jusqu'au 30 juin, et pourrait conforter les partisans 
britanniques d'un Brexit à deux mois et demi du référendum du 23 
juin. 
    Durant la campagne référendaire, les partisans de l'accord 
signé avec Kiev ont souligné qu'un rejet serait une victoire 
symbolique pour Vladimir Poutine, qui soutient les séparatistes 
prorusses de l'Est ukrainien.  
    Ces séparatistes sont accusés d'avoir détruit en vol en 
juillet 2014 un avion de ligne de la Malaysia Airlines qui 
transportait 298 passagers et membres d'équipage, dont près de 
200 Néerlandais.  ID:nL8N12D331  
    Le référendum de mercredi est le fruit d'une initiative 
populaire rendue possible par la loi depuis l'année dernière. 
Des groupes eurosceptiques sont à l'origine de la pétition qui a 
réuni suffisamment de signatures pour contraindre le 
gouvernement à organiser cette consultation. 
 
 (Avec Toby Sterling à Amsterdam et Elaine Lies à Tokyo; Patrick 
Vignal et Tangi Salaün pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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  • M4369955 le jeudi 7 avr 2016 à 11:55

    Bravo ! mais une fois de plus l'Europe cette belle démocratie va s'essuyer les pieds sur la volonté des peuples.