Les Nations unies débordées par la crise à Gaza

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L'ONU DÉBORDÉE PAR LA CRISE À GAZA
L'ONU DÉBORDÉE PAR LA CRISE À GAZA

GAZA/JERUSALEM (Reuters) - Les Nations unies ont de plus en plus de mal à faire face à la situation dans la bande de Gaza, où les opérations militaires israéliennes depuis plus de trois semaines ont chassé de chez elles près de 250.000 personnes.

Manquant de financement, l'UNRWA, l'agence de l'Onu chargée des réfugiés palestiniens, semble désemparée devant les souffrances de la population civile et son impuissance à les soulager.

Son porte-parole, Chris Gunness, n'a pu retenir ses larmes lors d'une interview à un média arabe.

"L'UNRWA est débordée à Gaza. Nous avons atteint un point de rupture. Nos employés sont tués, nos abris sont bondés de réfugiés. Nous ne savons pas quand cela finira. Nous avons pris en charge 225.178 personnes déplacées dans 86 abris. Mais la bande de Gaza est en train d'être détruite. Et quand la guerre sera finie, où donc iront tous ces gens ?", s'interroge Chris Gunness.

Mercredi à l'aube, les forces israéliennes ont bombardé une école gérée par l'UNRWA où plus de 3.000 personnes avaient cherché refuge, faisant au moins 15 morts, dont quatre enfants, selon les autorités médicales de Gaza.

APPEL À UNE AIDE DE 187 MILLIONS DE DOLLARS

Depuis le début de l'opération israélienne "Bordure protectrice" le 8 juillet, pour répondre aux tirs de roquettes sur le territoire israélien, huit employés de l'Onu ont été tués.

A six reprises, des abris de l'Onu ont été bombardés par Tsahal. La semaine dernière, une précédente attaque sur une autre école de l'UNRWA avait également fait 15 morts.

Israël accuse le Hamas de se servir des civils comme de boucliers humains.

Mais mercredi le secrétaire général adjoint des Nations unies Jan Eliasson a souligné que les civils de Gaza n'avaient aucun endroit où se réfugier, soulignant l'exiguïté de l'enclave pour une population de 1,8 million d'habitants.

"Il arrive un moment où il faut vraiment dire 'ça suffit' et trouver les mots pour convaincre ceux qui en ont le pouvoir d'arrêter tout cela", a-t-il déclaré.

L'UNRWA a demandé jeudi 187 millions de dollars pour venir en aide à la population de Gaza, face notamment aux risques d'épidémies.

Dans une école de l'agence à Gaza, Samir al Toumi, 60 ans, a décidé de regagner sa maison de Beit Lahiya, dans le nord du territoire, malgré les combats qui se poursuivent et les mises en garde des Israéliens.

"Je pense que nous serons plus en sécurité en dehors de l'école de l'UNRWA (...) Je préfère rentrer chez moi avec ma famille. Quitte à mourir, autant mourir là-bas..."

Pour le chef de l'UNRWA, Pierre Krähenbühl, "nous avons fait tout ce qui était possible, et même au-delà, sur le plan humanitaire". "C'est maintenant aux politiques d'agir. Il est temps de demander des comptes", a-t-il dit.

(Nidal al-Mughrabi et Noah Browning, Guy Kerivel pour le service français)

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  • charleco le jeudi 31 juil 2014 à 18:22

    Il faut prendre des mesures à l'égard d'Israël : sanctions et boy-cot commercial.