Les nationalistes hindous l'emporteraient aux élections en Inde

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LES NATIONALISTES HINDOUS L'EMPORTERAIENT EN INDE
LES NATIONALISTES HINDOUS L'EMPORTERAIENT EN INDE

par Shyamantha Asokan

BENARES Inde (Reuters) - Le nationaliste hindou Narendra Modi, du parti Bharatiya Janata (BJP), pourrait devenir le prochain Premier ministre de l'Inde, si l'on en croit les premières projections rendues publiques après la clôture, lundi, des élections législatives qui ont été échelonnées sur cinq semaines.

Selon l'institut C-Voter, l'Alliance nationale démocratique, dominée par le BJP, devrait obtenir 289 sièges à la chambre basse du Parlement, contre 101 pour l'alliance conduite par le Parti du Congrès, ce qui serait le pire résultat jamais enregistré par la formation au pouvoir.

Selon les projections d'un autre institut, Cicero, l'Alliance nationale démocratique obtiendrait de 261 à 283 sièges. Il faut un minimum de 272 sièges pour avoir la majorité à la Lok Sabha, ou Chambre du peuple. Ce seuil est souvent obtenu grâce à l'apport de partis régionaux.

Les résultats officiels devraient être connus vendredi.

Le passé récent incite cependant à la plus grande prudence concernant les premières projections : lors des deux précédentes élections législatives, en 2004 et en 2009, les tendances dessinées sur la base des sondages à la sortie des urnes s'étaient révélées spectaculairement erronées. En 2004, elles avaient notamment annoncé la victoire du BJP alors qu'au bout du compte, c'est le Parti du Congrès qui s'était imposé.

Après cinq semaines et dix phases, le scrutin dans la démocratie la plus peuplée de la planète, avec 815 millions d'électeurs inscrits, s'est déroulé globalement dans le calme mais des épisodes de violence localisés ont endeuillé le processus électoral.

RADICALISATION ?

Narendra Modi est le premier candidat déclaré au poste de Premier ministre à avoir brigué les suffrages des électeurs de Bénarès, ville sainte des hindous au bord du Gange, dans l'Etat de l'Uttar Pradesh.

Son choix a été largement interprété comme la volonté de renforcer son emprise sur les nationalistes hindous, pour lesquels l'Inde est avant tout un pays hindou.

Ses adversaires y voient les ferments d'une nouvelle radicalisation des relations avec la communauté musulmane, à l'image des émeutes interreligieuses de 2002 dans le Gujarat qui avaient fait plus de 1.000 morts, des musulmans pour la plupart.

La Cour suprême a jugé que Narendra Modi, malgré les accusations de ses adversaires, n'avait joué aucun rôle dans ces violences. Mais Mohammad Sabir Falahi, qui dirige à Bénarès le Jamaat-e-Islami Hind, un groupe communautaire musulman, a affirmé qu'"on ne pardonnerait ni n'oublierait jamais le rôle de Narendra Modi dans les émeutes du Gujarat contre les musulmans".

Les craintes de violences avaient été alimentées par la mort d'une trentaine de musulmans, massacrés fin avril-début mai dans l'Etat enclavé d'Assam, près du Bangladesh.

Les rivaux de Modi ont affirmé que les discours du chef de file du BJP, et ses appels à l'expulsion d'immigrés clandestins venus du Bangladesh, n'étaient pas étrangers à cette explosion de violences.

(Henri-Pierre André et Eric Faye pour le service français)

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