Les nationalistes catalans dans la rue à 15 jours des élections

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(actualisé avec précisions) BARCELONE, 11 septembre (Reuters) - Plusieurs centaines de milliers de Catalans sont descendus vendredi dans les rues de Barcelone à l'occasion de la "Diada", journée nationale qui prend cette année une importance particulière à deux semaines des élections régionales. Au total, un demi-million de personnes se sont inscrites pour former une mosaïque humaine censée représenter, selon les organisateurs, une page blanche, celle du nouvel Etat qu'ils espèrent édifier après les élections du 27 septembre. A 17h14 précises, un horaire choisi avec soin pour commémorer la défaite des Catalans le 11 septembre 1714 face au roi Philippe V d'Espagne, la foule s'est brusquement animée, les manifestants agitant les drapeaux de la Catalogne et des banderoles "Ara es l'hora" (c'est l'heure). "C'est pour cette année. Si nous ne parvenons pas à emmener les gens aux urnes le 27, alors nous souffrirons", explique Silvia Palomares, une architecte d'intérieur de 48 ans. "L'objectif, c'est de devenir indépendants parce que nous suffoquons, économiquement et émotionnellement." Selon un sondage du Centre de recherches sociologiques (CIS) diffusé jeudi, les partis favorables à l'indépendance remporteraient une courte majorité des sièges au parlement de la Généralité. Junts pel Si, le principal parti indépendantiste, est crédité de 38,1% d'intentions de vote, ce qui se traduirait par 60 ou 61 des 135 sièges du parlement de Catalogne. Si l'on y ajoute les huit sièges que devrait obtenir le parti de gauche indépendantiste CUP, les séparatistes contrôleraient au total 68 ou 69 sièges. S'ils l'emportent, les partis indépendantistes ont dit vouloir lancer une "feuille de route" qui doit leur permettre d'atteindre leur objectif dans un délai de dix-huit mois. "Après tant de siècles, nous avons une grande opportunité de voter en faveur de notre avenir démocratique, si bien que nous devons saisir chaque occasion. Seul un 'oui' peut changer les choses", estime Arthur Mas, chef de file du gouvernement régional. "Si nous n'avons pas ce 'oui', nous ne pourrons pas poursuivre notre route vers ce processus politique avec la même énergie et la même intensité." Le mouvement a cependant perdu de son élan depuis le référendum symbolique organisé l'an dernier. Quelque 80% des votants avaient alors marqué leur préférence pour la sécession, mais 40% seulement des électeurs inscrits en Catalogne s'étaient déplacés, une participation en deçà des espérances du camp indépendantiste. A Madrid, le président du gouvernement, Mariano Rajoy, s'oppose fortement à toute idée de sécession de la Catalogne, qu'il juge "absurde". De même, il refuse que les élections régionales du 27 septembre soient présentées comme un vote par procuration sur l'indépendance. (Julien Toyer et Adrian Croft; Eric Faye et Henri-Pierre André pour le service français)

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