Les mutuelles étudiantes mal gérées et couteuses.

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Entre une gestion désastreuse et des délais de remboursement abusifs, les dysfonctionnements des mutuelles étudiantes sont nombreux. Ils ont été dénoncés dans un projet de loi adopté en 2014.

Le régime de Sécurité sociale étudiante est aujourd'hui géré par 11 mutuelles différentes, un réseau de complémentaires régionales et la LMDE (La Mutuelle des Étudiants). Il couvre chaque année les dépenses de santé de près de 1,7 million d'étudiants, mais ce régime est fortement critiqué. Il est notamment remis en cause en raison de ses problèmes de gestion et de son coût.

À savoir

L'affiliation à une mutuelle étudiante n'est pas obligatoire. Les étudiants peuvent souscrire à une complémentaire santé traditionnelle.

Des problèmes de gestion et un coût exorbitant!

Une étude de la Cour des comptes, publiée en 2013, fait état de problèmes de gestion importants des mutuelles étudiantes. À titre d'exemple, 93% des appels reçus par ces organismes ne sont pas traités. Les affiliés attendent parfois plus de 3 mois pour recevoir leur carte Vitale et 10% des étudiants interrogés ne l'avaient toujours pas reçue après plus de 9 mois d'inscription (et de cotisation)!

Par ailleurs, de nombreux dossiers sont égarés, les délais de remboursement sont de plus en plus longs et le montant des cotisations augmente régulièrement. Une enquête menée par Jacques Toubon entre juillet 2014 et janvier 2015 auprès des étudiants affiliés à une mutuelle étudiante met particulièrement en avant le problème lié aux délais de remboursement.

Déjà en 2012, le déficit structurel des mutuelles étudiantes était constaté dans un rapport de la commission des affaires sociales. Ainsi, en 2013, l'État a dépensé près de 93 millions d'euros pour alimenter ce régime. Avec une dépense par étudiant de la CNAM (Caisse Nationale d'Assurance Maladie) de 54,77 euros, la suppression de l'assurance maladie étudiante permettrait de réaliser de substantielles économies.

Un projet de loi vise à supprimer les mutuelles étudiantes.

Une proposition de loi de la sénatrice UMP Catherine Procaccia a été adoptée par le Sénat en novembre 2014. Cette loi a pour objectif de réformer la Sécurité sociale étudiante et de mettre fin aux mutuelles étudiantes à l'horizon 2018.

En effet, les opposants à ce régime prônent l'universalisation des soins avec une affiliation des étudiants au régime classique de la Sécurité sociale. A défaut, les étudiants pourraient bénéficier du régime de leurs parents pendant toute la durée de leurs études (ou jusqu'à un âge limite). Ils bénéficieraient ainsi de services plus performants et de meilleurs remboursements. Dans ce cadre, le projet de loi prévoit tout de même une affiliation des étudiants en leur nom propre avec le versement d'une cotisation forfaitaire annuelle. Ils continueraient ainsi à bénéficier de soins confidentiels et de remboursements individuels.

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  • M8252219 le lundi 16 mar 2015 à 14:33

    Et c'est la partie visible momentanément émergente d'une gabegie financière de 700 milliards de la protection sociale,totalement incontrôlée ou tous les acteurs ,élus,syndicalistes et salariés se servent à l'abri de tout control.

  • brun2083 le lundi 16 mar 2015 à 14:31

    C'est l'UNEF qui gère la LMDE. Un syndicat d'étudiant (qui n'ont aucune expérience de la vie donc), d’extrême gauche (qui ne comprend rien à la gestion donc) et en plus qui se sert sur la "bête". Comment voulez vous que ça fonctionne???

  • pichou59 le lundi 16 mar 2015 à 12:57

    qui sont administrateurs? je me souviens qu'à une certaine époque, il y avait des emplois fictifs......qq uns ont été condamnés (la suite sur Wikipédia)