Les musulmans demandent à "sortir" l'islam de la campagne

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par Chine Labbé

PARIS (Reuters) - Les représentants du culte musulman en France ont exhorté jeudi les politiques à "sortir" les questions liées à l'islam de la campagne présidentielle, après plus de deux semaines d'un débat sur l'abattage rituel halal qui a occupé le devant de la scène.

Le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Mohammed Moussaoui, et le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, ont été reçus à Matignon par le Premier ministre après ses propos controversés sur l'inadéquation, à ses yeux, des traditions d'abattage rituel avec le monde moderne.

Ils ont dit souhaiter "tourner la page" de cet incident et "se retirer" de cette polémique, assurant que le chef du gouvernement n'avait pas voulu les "blesser" par ses propos.

"La représentation cultuelle que nous sommes souhaite ne pas être associée à cette campagne électorale par respect d'abord du principe de la laïcité, et aussi de la pluralité politique de notre communauté", a déclaré Mohammed Moussaoui, à l'issue d'un entretien d'un peu plus d'une heure avec François Fillon.

"Nous avons souhaité tourner la page et sortir (...) les questions de l'islam de cette campagne électorale", a-t-il dit.

"Un certain nombre de sujets méritent évidemment d'être étudiés et discutés mais dans une période beaucoup plus sereine", a-t-il ajouté, se disant favorable à la transparence dans le domaine de l'information des consommateurs.

Le Premier ministre avait estimé lundi que "les religions devraient réfléchir au maintien de traditions qui n'ont plus grand-chose à voir avec l'état aujourd'hui de la science, l'état de la technologie, les problèmes de santé" dans la foulée d'un débat lancé par la présidente du Front national Marine Le Pen.

Mohammed Moussaoui a lancé un appel aux candidats à l'élection présidentielle, pour qu'ils "s'attellent aux vraies préoccupations des Français".

COMMISSION THÉOLOGIQUE

"La question du halal et des pratiques religieuses musulmanes en général ne font pas partie de ces préoccupations majeures", a-t-il estimé.

Samedi à Bordeaux, Nicolas Sarkozy a suggéré d'étiqueter les viandes selon les méthodes d'abattage, une proposition jugée "stigmatisante" par les communautés juive et musulmane.

Jugeant "clos" "l'incident" avec le Premier ministre, les représentants de la communauté juive de France ont aussi demandé mercredi à ce que les politiques abandonnent ce terrain.

"Nous ne souhaitons pas que ce débat sur l'abattage rituel devienne l'otage d'une campagne électorale, nous souhaitons qu'aujourd'hui tous les partis politiques (...) nous laissent un peu tranquilles", avait ainsi déclaré Joël Mergui, président du Consistoire central.

Le débat autour de l'abattage rituel est pourtant loin d'être clos.

Plus de la moitié des bovins, ovins et caprins tués en France le sont suivant un mode d'abattage rituel, d'après un rapport du ministère de l'Agriculture publié en partie par Le Point.fr.

Pour le recteur de la grande mosquée de Paris, la polémique autour du halal n'est qu'"une polémique de plus".

"Certaines postures, certaines déclarations avaient mis (...) la communauté musulmane d'une manière générale, indépendamment de ce qui nous a amené ici, dans une certaine inquiétude et je peux même dire dans une certaine attente", a-t-il déclaré jeudi dans la cour de Matignon.

Il a annoncé son intention de mettre sur pied une commission théologique "pour observer si la pensée religieuse de l'islam n'a pas donné un certain nombre de possibilité d'avancées qui tiennent compte de l'abattage rituel dans son principe (...) mais aussi peut-être de la souffrance de l'animal".

Edité par Yves Clarisse

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  • laquitta le jeudi 8 mar 2012 à 17:32

    jes suis pour "sortir" les musulmans de France plutot. Nous e..erdent ces gens là !