Les murs du Caire redessinent la révolution

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REPORTAGE - Quand, sur ordre du gouverneur, des employés municipaux effacent les graffitis de la révolution, les ex-contestataires de la place Tahrir reprennent pochoirs et pinceaux pour que leur histoire ne s'oublie pas.

Correspondante au Caire

Les murs du Caire n'auront pas la mémoire courte, Layla Magued s'en est fait la promesse. Alertée, vendredi 21 septembre, par la disparition des graffitis révolutionnaires, elle a été l'une des premières à accourir au début de la rue Mohammed-Mahmoud, sur la place Tahrir, avec son échelle, ses pots de peinture et ses pinceaux. «Qu'on se le dise: on ne nous volera jamais notre révolution!», s'enflamme la jeune graffeuse, tee-shirt bleu électrique sur blue-jean, en mettant la dernière touche à son nouveau tag. Tout de noir vêtu, un Batman en furie y interpelle un barbu à lunettes, copie conforme du président Morsi, issu des Frères musulmans, en lui lâchant dans une bulle de bande dessinée: «Ne t'avise pas d'effacer mes graffitis, fils de...» D'un sourire complice, les passants s'arrêtent, applaudissent, puis s'empressent d'immortaliser l'œuvre subversive d'un coup de «clic» sur leur téléphone portable, au cas où elle serait

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