Les mouvements des marchés boursiers restent "irrationnels" (Fidelity)

le , mis à jour à 13:54
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Le récent rebond des indices boursiers ne correspond pas davantage aux fondamentaux économiques que la chute de début d'année, explique David Ganozzi, qui reste optimiste.
Le récent rebond des indices boursiers ne correspond pas davantage aux fondamentaux économiques que la chute de début d'année, explique David Ganozzi, qui reste optimiste.

Le rebond des marchés au cours des dernières séances « donne envie d’y croire » s’enthousiasme le gérant de Fidelity Patrimoine, David Ganozzi. Ce dernier souligne néanmoins que ce rebond s’est réalisé à contre-courant de certaines actualités économiques mitigées.

« L’irrationalité des investisseurs ne se lit pas exclusivement dans les phases de baisse. Preuve en est la semaine dernière avec le rebond des places financières » affirme David Ganozzi dans la lettre L’hebdo des marchés diffusée par Fidelity International mardi 23 février en matinée.

La semaine dernière en effet, « Les nouvelles ne se sont pas montrées forcément rassurantes. Après la Banque mondiale et le FMI, c’est au tour de l’OCDE d’apporter sa contribution à la noirceur du tableau conjoncturel. Ralentissement du commerce mondial, reprise occidentale poussive, fébrilité des émergents, faiblesse des investissements et de la demande sont autant de facteurs qui ont poussé l’organisation à revoir ses prévisions de croissance à la baisse ».

L’OCDE s’attend désormais à une croissance mondiale de 3% en 2016, contre 3,3% anticipé précédemment. « Il y a quelques semaines, la nouvelle aurait suffi à envoyer les indices au tapis pour plusieurs séances. Mais cette fois, rien ne pouvait entraver leur marche en avant », observe David Ganozzi.

Tous les investisseurs auront néanmoins compris que si les marchés n’ont pas réagi aux annonces de l’OCDE, c'est d'une part du fait que cette annonce n'a pas été une surprise, et d'autre part à cause de l’obsession générale relative au pétrole.

En effet, « Le rebond des places a surtout coïncidé avec celui des cours du pétrole sur fond de probable accord entre le Qatar, l’Arabie Saoudite, la Russie et le Venezuela concernant un éventuel gel de leur production. Mais l’espoir douché d’une entente entre ces pays et les stocks de brut américains est venu, vendredi, inverser la courbe des prix du baril… et la tendance sur les indices boursiers », observe David Ganozzi.

Le fait que les prix du pétrole fassent la pluie et le beau temps sur les marchés, tous secteurs confondus, jusqu’à pénaliser ou faire bondir des entreprises du secteur des télécoms ou des foncières (immobilier), confirme l'idée que la rationnalité des investisseurs est actuellement très discutable.

« Ce début de rebond donne l’envie d’y croire »

« Pour autant, ce début de rebond donne l’envie d’y croire » affirme David Ganozzi avec optimisme. « Alimenté au départ par des niveaux de valorisation attractifs, il y a des raisons d’espérer que [ce rebond] se mue en une tendance plus pérenne. Abstraction faite des prévisions de l’OCDE, le terreau économique actuel reste fertile. Les indicateurs publiés la semaine écoulée outre-Atlantique se sont voulus rassurants ».

Le gérant soulève à titre d’exemple que l’indice manufacturier de la Fed de Philadelphie « est en effet ressorti en légère amélioration. Certes, l’activité industrielle dans la région de Philadelphie demeure en contraction mais elle est désormais en redressement à -2,8 points contre -3,5 pts en janvier ».

David Ganozzi ne mentionne pas le fait que l’indice équivalent publié par la Fed de New York (indice « Empire State ») reste très mal orienté, étant ressorti inférieur aux attentes la semaine dernière à -16,6 points contre -10 points attendus par le consensus des analystes.

Le véritable élément rassurant est celui de l’emploi américain, qui continue de s’améliorer : « Jeudi, le département du Travail a fait état d’un nouveau recul inattendu (7.000) des inscriptions hebdomadaires au chômage à 262.000 sur la semaine close le 13 février. Sur un an, les demandes d’allocations ressortent ainsi en repli de 8% », mentionne le gérant.

« Si l’on ajoute à cela que les investisseurs continuent de se rassurer sur les résultats des entreprises, le rebond pourrait (qui sait !) bien être plus fort que cela », termine avec enthousiasme David Ganozzi, faisant fi de sa propre prudence au sujet de l'actuelle irrationnalité des marchés…

X. Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • guerber3 il y a 11 mois

    Quand la bourse ne sera plus irrationnelle, elle aura disparu : la base c' est la fausse monnaie, les rumeurs, les mensonges, l' intox envoyée par les gros et la volatilité créée pour piller les naïfs...!

  • M4633794 il y a 11 mois

    Quand on n'y comprend rien ou que cela ne va pas dans le sens souhaité, on dit que c'est irrationnel! C'est bien commode car cela évite de se remettre en question et d'avouer son incompétence.

  • M7173203 il y a 11 mois

    C'est vrai que lorsque l'on regarde indice flash markit PMI (et que l'on va lire l'analyse de l'auteur) paru hier aux US, on est vachement rassuré par le secteur manufacturier américain.... cette statistique a été complétement ignoré par le marché qui comme magnétisé par le pseudo rebond du pétrole. C'est quand même marrant :)

  • 84188637 il y a 11 mois

    les " faucons " sont derrière tous ça , 5 ans de hausse boursière , même avec des économies mondiales qui seraient au top , ils ont décidé de vendre pour prendre les bénèfs , un point c'est tout , et inversement avec des économies mondiales en crise , si ils décident de faire monter les bourses , ils le font un point c'est tout

  • trebi il y a 11 mois

    A la hausse ou à la baisse les marchés sont-ils irrationnels ou manipulés ? A qui appartient cette main invisible qui fait bouger les marchés de manière si volatile ?

  • M4815839 il y a 11 mois

    Toutes les analyses se fondent sur des chiffres dont on ne se pose meme pas la question de leur crédibilité .EX / marge d'erreur sur évaluation de la croissance mondiale bien superieure au 0,3% résultant de la révision (3% contre3.3%) On pourrait généraliser .Mais ce serait remettre en question tous nos modèles

  • dcabon il y a 11 mois

    Pendant que lui "a envie d'y croire", les autres "vendent sur rebond". Au bout du compte il y en aura forcément dans le décors. Mais, bizarrement, ceux là ils se feront tout petits ... Comme disait Pierre Dac : "il vaut mieux fermer sa g.ueule et passer pour un c.on que de l'ouvrir et de prouver qu'on en est un" !!

  • pascalcs il y a 11 mois

    LOL. Cela fait des années que c'est irrationnel et déterminé par la seule action des banques centrales...