Les moins de 50 ans mis à l'écart du marché de la maison individuelle

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Les ménages qui se font construire une maison individuelle sont de plus en plus âgés et souvent déjà propriétaires, tandis que les jeunes accédants à la propriété se voient évincés d'un marché qui leur était traditionnellement réservé.

L'année 2013 aura été particulièrement mauvaise pour le marché de la maison individuelle. Selon le dernier bilan de l'Union des maisons françaises (UMF), le marché a reculé de 19% sur les douze derniers mois. Toutes les régions ont été touchés par le repli sensible du marché. Pour l'année en cours, Christian-Louis Victor, président de l'UMF table sur un nouveau repli de 5% , estimant que «les facteurs négatifs ont déjà produit leurs effets néfastes et ne devraient plus s'accentuer».

Pour les professionnels du secteur, le «c½ur de cible» des candidats à l'achat d'un bien immobilier a changé. La jeune «primo accession» des moins de 50 ans, c'est-à-dire les ménages souhaitant accéder pour la première fois à la propriété, représentait 65% du marché avant 2010. Elle ne représente plus aujourd'hui que 45%. Le marché, déprimé sur la «primo accession», cherche des compensations sur les «secundo adhérents», qui en sont eux à leur deuxième achat. Les plus de 50 ans, souvent déjà propriétaires de leur résidence principale, sont plus nombreux à accéder de nouveau à la propriété. L'an dernier, la proportion d'acheteurs de plus de 50 ans, est ainsi passée de 16% à 27% du marché (101.000 maisons bâties l'an dernier).

L'UMF attribue la baisse du marché «primo accession» à «un manque de confiance des jeunes en leur avenir économique et social, au-delà de la simple crainte du chômage» et à des «freins financiers». L'organisation insiste sur l'importance qu'aura l'évolution des taux de crédits habitat pour le marché immobilier en 2014. L'accès à un crédit immobilier, notamment pour les jeunes sans apport personnel, est de plus en plus difficile, les établissements bancaires ayant durci leurs conditions d'octroi de crédit et réduit la durée des prêts. La forte hausse du prix des ventes des logements ces quinze dernières années est elle aussi très pénalisante pour les primo-accédants. Troisième frein, la réglementation thermique 2012, mise en place au 1er janvier 2013, pose elle aussi problème. Elle oblige à construire des logements plus performants en matière d'énergie, ce qui se traduit par une hausse des coûts de construction de 8 à 14% selon l'UMF. Enfin, dernier frein, le prêt à taux zéro (PTZ) qui doit «retrouver ses vertus originelles» selon l'union. Le PTZ, aide de l'Etat à 0%, peut être assimilé à un apport personnel et doit avoir pour objet une construction, un achat de logement, une transformation de locaux ou une location-accession. Il a donc été assorti de longs différés d'amortissement. Différés qui devraient être rallongés aux yeux de l'UMF.

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  • porchert le samedi 8 fév 2014 à 10:47

    C'est normal, une vraie maison, on nous interdit de la construire. On n'a plus droit qu' à des casemates agglutinées les unes sur les autres. Pas très agréable...