Les mineurs isolés toujours plus nombreux à Calais

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FRANCE TERRE D'ASILE S'ALARME DU NOMBRE DE MINEURS À CALAIS
FRANCE TERRE D'ASILE S'ALARME DU NOMBRE DE MINEURS À CALAIS

PARIS (Reuters) - France Terre d'asile s'alarme de la situation des mineurs isolés dans le camp de migrants de Calais, où elle en a recencé 861 fin août, contre 321 en février, une hausse correspondant à celle globale de la population de la "jungle".

Majoritairement originaires du Soudan, d'Afghanistan, d'Érythrée et d'Éthiopie, ces mineurs, dont le plus jeune a dix ans, représentent 10% de la population migrante à Calais, précise l'association dans un communiqué.

Six-cent vingt-sept vivent dans les camps de la "jungle", 202 sont présents au centre d’accueil provisoire de Calais et 32 sont hébergés au centre pour femmes.

"Il est urgent de trouver des réponses adaptées à chacun de ces mineurs. Ces mineurs suivent les mêmes routes migratoires périlleuses que les adultes et fuient des pays en conflit, et rêvent d’une vie meilleure", écrit France terre d'asile.

Les jeunes souhaitant rester en France doivent bénéficier d’une mesure de protection prononcée par le juge des enfants et être accueillis, au titre de l’aide sociale à l’enfance, dans une structure adaptée jusqu’à leurs 18 ans, rappelle l'association.

L'ambiance est devenue très tendue à Calais, où le nombre des migrants a atteint 6.900 personnes, selon les chiffres communiqués mi-août par la préfecture du Pas-de-Calais, contre 4.500 en juin, et plus de 9.000 selon les associations.

Selon le syndicat de police Alliance, qui a effectué une étude sur place, le nombre de migrants au camp de la Lande "devrait atteindre les 10.000 d'ici à début septembre".

SURFACE RÉDUITE DE MOITIÉ

Les conditions de vie se sont d'autant plus détériorées qu'après l’évacuation de la zone sud du campement en février, la surface habitable a été réduite de moitié.

Les tensions entre migrants sont de plus en plus vives, selon Alliance, qui dénonce une "situation intenable" pour les forces de l'ordre, exposées en première ligne depuis des mois, alors que "les chiffres de la délinquance sur Calais explosent."

Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017, a demandé samedi l'ouverture, en Angleterre, d'un centre de traitement des demandes d'asile pour tous les migrants se trouvant à Calais.

La France et la Grande-Bretagne ont signé en 2003 le "traité du Touquet", renforcé par une série d'accords dans les années suivantes qui ont eu pour effet de placer la frontière franco-britannique et donc les contrôles à Calais, pour mieux maîtriser les flux migratoires.

Après la victoire du Brexit au référendum du 23 juin sur le maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, François Hollande a déclaré que ces accords ne seraient pas remis en cause.

Une partie des migrants cherche toujours à gagner la Grande-Bretagne mais une autre est prête à y renoncer pour demander l’asile en France, selon les associations.

Or, le nombre de places disponibles pour les réfugiés dans les centres d’accueil et d’orientation (CAO) reste très insuffisant si les autorités veulent vraiment vider la "jungle" comme l'a affirmé la préfecture à la mi-août, disent-elles.

(Gérard Bon, édité par Emmanuel Jarry)

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  • sense78 il y a 3 mois

    Des futurs ingénieurs qui feront bientôt venir leur nombreuse famille.

  • rraclot il y a 3 mois

    Le résultat de la politique colonialiste des "Deux" derniers Présidents !!!