Les militants démocrates hongkongais à l'épreuve des urnes

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    HONG KONG, 5 septembre (Reuters) - Les Hongkongais se sont 
rendus en nombre dimanche pour le premier grand rendez-vous 
électoral depuis les grandes manifestations de rue en faveur de 
la démocratie en 2014.  
    Les quelque de 4 millions d'électeurs, sur 7 millions 
d'habitants, devaient renouveler les 70 sièges du parlement de 
l'ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997.  
    La participation a dépassé les 50% d'inscrits. Les résultats 
sont attendus ce lundi. 
    Ces élections devraient être les plus disputées depuis la 
rétrocession de 1997. Pour le camp pro-démocratie, elles avaient 
pour principal enjeu la conservation de sa minorité de blocage 
des décisions de l'exécutif, favorable à Pékin.  
    Avec 27 élus dans le parlement sortant, les militants 
démocrates sont juste au-dessus du seuil, qui est fixé à un 
tiers des membres du LegCo (Conseil législatif).  
    Une vingtaine de jeunes militants du "mouvement des 
parapluies", qui avait jeté il y a deux ans des dizaines de 
milliers de personnes dans les rues de la ville pour réclamer 
plus de démocratie, étaient candidats à ces élections, sur près 
de 300 candidats.  
    Six autres ont en revanche été interdits de candidature en 
juillet dernier par la commission électorale locale, au prétexte 
qu'ils avaient défendu l'indépendance du territoire.  
    La commission électorale a imposé à chaque candidat de 
signer une déclaration selon laquelle Hong Kong est une partie 
"inaliénable" de la Chine. 
    Selon une source en contact fréquent avec des responsables 
chinois, Pékin a directement ordonné aux autorités hongkongaises 
d'écarter ces six militants.  
    "Nous ne voulons pas que notre prochaine génération soit 
l'esclave du Parti communiste chinoise", a déclaré Edward Leung, 
l'un des six recalés qui a fait campagne pour son remplaçant. 
    Une deuxième source indique également que la Chine a été 
mécontente de voir que d'autres candidats, notamment un groupe 
appelant à un référendum sur l'avenir de Hong Kong après 2047, 
avaient été autorisés à se présenter.  
    L'échec du mouvement de 2014, qui n'a rien obtenu des 
autorités malgré 79 jours de mobilisation, a incité des 
militants à réclamer une rupture avec la Chine, mais d'autres 
estiment que cela mettrait en péril l'avenir politique et 
économique de Hong Kong.  
    Selon un sondage effectué en juillet dernier par 
l'université chinoise de Hong Kong, un Hongkongais sur six 
environ soutient aujourd'hui l'indépendance. 
 
 (James Pomfret et Venus Wu; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français, édité par Henri-Pierre André) 
 
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