Les militants de l'UMP élisent leur président

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ÉLECTION CE DIMANCHE DU PRÉSIDENT DE L'UMP
ÉLECTION CE DIMANCHE DU PRÉSIDENT DE L'UMP

PARIS (Reuters) - Les militants UMP ont voté ce dimanche pour élire le président du premier parti d'opposition français que se disputent l'ancien Premier ministre François Fillon et le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé.

Les adhérents à jour de cotisation (264.137 au 30 juin) étaient invités à désigner "un ticket" (président, vice-président, secrétaire général) pour un mandat de trois ans.

Ils se prononçaient en parallèle sur différentes "motions" qui, si elles obtiennent au moins 10% des suffrages, deviendront des "mouvements", autre nouveauté à droite.

Les bureaux de vote, environ 600 répartis dans les 577 circonscriptions, ont ouvert à 09h00 locales et fermé à 18h00. Les militants faisant encore la queue à cette heure étaient toutefois autorisés à voter après 18H00, en raison de l'affluence de militants.

Jean-François Copé a été le premier candidat à glisser son bulletin dans l'urne, vers 11H40 à Meaux, ville dont il est maire.

"Si je suis élu président de l'UMP, pendant les trois ans qui viennent, les gens ont compris qu'on va dire les choses sans langue de bois, qu'on sera présent sur tous les terrains, en campagne municipale, mais aussi présents sur tous les grands débats, quitte, le cas échéant, si la situation est très grave, à manifester", a-t-il dit sur BFM-TV après avoir voté, refusant toutefois d'indiquer pour quelle motion.

François Fillon est quant à lui arrivé peu avant 17H00 dans son bureau de vote du VIIe arrondissement de Paris, dans la circonscription où il est député. Il n'a pu voter qu'à 18H10, après avoir fait la queue pendant plus d'une heure parmi les militants.

"Je suis très satisfait qu'il y ait autant de mobilisation (...) ce que je regrette, c'est que l'organisation du vote n'ait pas été plus fluide", a-t-il déclaré sur BFM-TV, rappelant qu'il avait demandé à ce que davantage de bureaux de vote soient ouverts et qualifiant les votants de "vraiment courageux".

PRÈS DE 300.000 VOTANTS

"J'ai porté un message pendant cette campagne qui est un message de rassemblement et il me semble que cette forte participation répond à ce message de rassemblement", a-t-il ajouté.

Les résultats devraient être proclamés tard dans la nuit par la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe), qui s'est engagée à garantir la transparence d'un vote sur lequel pèsent des soupçons d'irrégularités dans les deux camps.

Dimanche, les deux camps se sont de nouveau mutuellement accusés de "difficultés" dans le déroulement du scrutin.

L'issue du scrutin, exercice démocratique sans précédent pour l'UMP, reste incertaine même si les enquêtes auprès des sympathisants de l'UMP prédisent systématiquement la victoire de François Fillon.

Le nombre des votants potentiels reste en effet imprécis, car les adhérents ayant acquitté leur cotisation en 2011 peuvent la renouveler jusqu'au jour du vote. A l'UMP, on évalue le corps électoral à près de 300.000 votants.

Chaque camp détient une clé pour chaque urne. Des huissiers peuvent contrôler les opérations de vote, notamment dans les fédérations importantes comme celles de Paris et des Alpes-Maritimes.

Les sondeurs estiment qu'un faible taux de participation favoriserait le député de Seine-et-Marne et maire de Meaux, qui s'est inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy dont l'ombre plane immanquablement sur le vote.

La campagne pour la présidence de l'UMP, marquée par de violentes attaques réciproques, laissera des traces dans la famille gaulliste, de l'avis de plusieurs caciques du parti.

"Cette campagne s'est passée dans de très bonnes conditions, à part les petits dérapages de la dernière semaine dont j'ai été un peu l'objet", a estimé dimanche sur BFM-TV Jean-François Copé.

Deux lignes s'affrontent : "une droite décomplexée", renouant avec les accents droitiers de Nicolas Sarkozy dans l'entre-deux-tours de la présidentielle 2012, défendue "sans tabous" par Jean-François Copé, 48 ans, "le résistant"; une droite à la tonalité plus centriste que François Fillon, 58 ans, "le rassembleur", ambitionne d'incarner en 2017.

Sophie Louet, édité par Chine Labbé

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