Les militants de l'UMP éliront leur président en novembre

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Les militants de l'UMP éliront leur président en novembre
Les militants de l'UMP éliront leur président en novembre

PARIS (Reuters) - Les militants de l'UMP trancheront le duel annoncé entre Jean-François Copé et François Fillon lors d'un scrutin interne les 18 et 25 novembre prochains, premier acte de "la reconquête" pour l'opposition même si la sélection du champion de la droite pour la présidentielle de 2017 reste à débattre.

Le bureau politique du parti a arrêté mercredi le calendrier et les termes du processus scellant l'après-Sarkozy, puisque l'ex-chef de l'Etat exerçait de fait la présidence de l'UMP.

Si aucun prétendant n'obtient la majorité absolue lors du premier tour le dimanche 18 novembre, un second tour sera organisé le dimanche suivant.

Les candidats ont jusqu'au mardi 18 septembre avant 20h00 pour transmettre par lettre leur candidature au bureau politique et à la Commission d'organisation et de contrôle des opérations électorales (Cocoe).

Tout prétendant devra constituer un triumvirat avec un secrétaire général et un vice-président délégué. Les militants à jour de cotisation (260.000 selon l'UMP) au moment du vote se prononceront par vote papier pour l'équipe dirigeante de leur choix avec un même bulletin de vote. Le scrutin se déroulera à l'échelon départemental sous le contrôle des fédérations.

Les candidats devront en outre avoir recueilli le parrainage de militants (environ 10.000). Le nombre exact requis sera arrêté par la Cocoe le 18 juillet au plus tard.

La campagne officielle se déroulera du 5 octobre au 17 novembre à minuit, mais les camps rivaux mettent déjà en oeuvre leur stratégie et constituent leurs bataillons.

A ce jour, seul l'ancien Premier ministre François Fillon s'est officiellement déclaré. Jean-François Copé, qui soutient éviter toute "confusion des genres" et oeuvrer à l'installation de l'opposition, devrait entrer à son tour dans la course fin août.

François Baroin, Bruno Le Maire et Nathalie Kosciusko-Morizet n'ont pas écarté de se présenter. Dans une interview au JDD.fr, Bruno Le Maire précise qu'il ne se lancera pas "dans une aventure solitaire" et qu'il formalisera ses idées début septembre dans un texte publié dans la revue Le Débat. "Si personne ne veut aller aussi loin, (...) je porterai ces idées moi-même", dit-il.

Xavier Bertrand, considéré pourtant comme un soutien de François Fillon, a déclaré quant à lui mercredi sur France Info qu'il prendrait "position à la fin de l'été".

"IL NE FAUT PAS SE MÉPRENDRE"

L'ancien Premier ministre Alain Juppé s'est dit prêt pour sa part à "payer de a personne", en une candidature "consensuelle", afin de tenir les rênes du parti néogaulliste jusqu'au prochain congrès de 2015, avant des primaires ouvertes en 2016 pour le scrutin présidentiel de 2017.

Jean-François Copé s'est refusé à commenter officiellement cette proposition, qui suscite la réserve, et François Fillon a d'ores et déjà opposé une fin de non-recevoir au maire de Bordeaux.

"La politique, ça n'a jamais été le consensus, la politique, c'est la confrontation des idées", a-t-il souligné mardi soir sur Canal+.

"C'est maintenant qu'il faut trancher les questions de personnes et de ligne politique, pas dans trois ans, pas à la veille des consultations les plus importantes", a ajouté le député de Paris, en allusion notamment aux municipales de 2014.

Réponse mercredi matin de Jean-François Copé, alors que pro-Copé et pro-Fillon alimentent une guérilla quotidienne malgré les dénégations de leurs chefs respectifs, qui convoitent tous deux l'Elysée :

"Il ne faut pas se méprendre sur le scrutin interne de 2012. Il y a eu parfois des propos un peu enflammés de tel ou tel des nos amis évoquant l'idée qu'il s'agissait là d'élire celui qui serait le candidat de 2017", a-t-il dit lors d'un point de presse. "Nous allons élire en réalité celui qui sera le leader de l'opposition pour les trois années qui viennent".

Alain Juppé, et d'autres voix au sein du parti, plaident pour que le futur président de l'UMP ne soit pas le futur candidat présidentiel.

Le secrétaire général de l'UMP a assuré mercredi une équité de moyens pour les candidats à la présidence du parti.

"Il y aura les mêmes moyens pour tout le monde et on dissociera la fonction de secrétaire général des candidatures éventuelles", a-t-il dit, alors que François Fillon a demandé des garanties en ce sens à la commission électorale.

Jean-François Copé et François Fillon se retrouveront samedi à huis clos au siège de l'UMP pour une réunion de travail des cadres départementaux consacrée aux dernières élections et à la préparation du congrès de novembre. Une manière pour les deux rivaux de mesurer leur popularité auprès de la base, qui sera maîtresse de leur destin.

Sophie Louet, édité par Patrick Vignal

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