Les milices de Misrata disent tenir l'aéroport de Tripoli

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(Actualisé avec précisions, contexte) TRIPOLI, 23 août (Reuters) - Les miliciens libyens de Misrata ont pris samedi l'aéroport de Tripoli au terme de plus d'un mois de combats avec ceux de Zentane, a annoncé un porte-parole des premiers. L'information est également rapportée par plusieurs chaînes de télévision arabophones et des photos censées montrer les combattants fêtant leur victoire devant le terminal circulent sur les réseaux sociaux. La prise de l'aéroport serait un événement important dans la bataille pour le contrôle de la capitale. Les miliciens de Zentane, auxquels se sont ralliés d'anciens membres des forces de Mouammar Kadhafi, ont pris le contrôle de la plate-forme à leur arrivée dans la capitale, lors de la guerre civile de 2011 qui a mis fin au règne du "Guide la révolution". Ils se présentent comme un rempart face aux fondamentalistes et aux Frères musulmans proches des brigades de Misrata, qui disent, elles, vouloir débarrasser la Libye des vestiges de l'ancien régime. Selon la chaîne de télévision Al Nabaa, des avions ne portant aucun signe distinctif avaient bombardé dans la journée des positions des miliciens de Misrata près de l'aéroport. Un porte-parole de la milice a fait état de 10 morts et de plusieurs dizaines de blessés. Le raid a été revendiqué par les forces fidèles au général rebelle Khalifa Haftar, qui a déclaré la guerre aux islamistes à Benghazi, dans l'Est. LE CAIRE NIE TOUTE IMPLICATION DANS LES RAIDS Lundi dernier, elles avaient déjà revendiqué un raid similaire, mais un porte-parole des brigades de Misrata affirme que les avions venaient d'Egypte et des Emirats arabes unis, où les militants islamistes ont fait l'objet de campagnes de répression. Le Caire nie toute implication, tous comme les pays occidentaux, qui craignent de voir la Libye devenir un repaire de djihadistes. A Tripoli, le gouvernement dit tout ignorer de ces raids aériens. Le Premier ministre Abdallah al Thani a par ailleurs prié l'Egypte et la Tunisie de rouvrir leur espace aérien aux vols en provenance de l'ouest de la Libye. Toute deux l'ont fermé par mesure de sécurité après les raids, ce qui empêche bon nombre de Libyens et d'étrangers de fuir les violences. Depuis le début des combats pour le contrôle de celui de la capitale, le petit aéroport de Matiga a pris le relais pour le trafic civil. A tripoli, la tour de contrôle, la piste et une vingtaine d'avions ont été endommagés, selon les autorités. Le chaos qui règne en Libye depuis la guerre civile a entraîné l'évacuation du personnel de l'Onu et de nombreuses ambassades, tandis que les compagnies aériennes étrangères ont pour la plupart suspendu leurs liaisons. Tripoli échappe pour l'essentiel à l'administration, qui s'est repliée à Tobrouk, dans l'est, tout comme le parlement. En l'absence de véritable armée, le gouvernement central a dû s'en remettre aux milices autrefois alliées contre Kadhafi pour assurer la sécurité, mais elles continuent à obéir à leurs chefs et à privilégier leurs propres intérêts. (Feras Bosalum, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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