Les milices chiites veulent participer à la reconquête de Mossoul

le , mis à jour à 17:54
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 (Actualisé avec réaction américaine) 
    BAGDAD, 19 octobre (Reuters) - Les miliciens chiites des 
Forces de mobilisation populaire (FMP) ont annoncé tard mardi 
soir leur participation à l'offensive des forces irakiennes à 
Mossoul, ce qui pourrait aggraver le risque d'affrontement 
confessionnel dans la région. 
    Le chef-lieu de la province de Ninive, tenu depuis juin 2014 
par les djihadistes de l'Etat islamique (EI), est principalement 
sunnite mais de nombreuses autres communautés, kurdes ou 
turkmènes notamment, y sont présentes. Les craintes d'un 
déchaînement de violences entre sunnites et chiites ont 
convaincu Bagdad d'exclure les milices chiites de l'offensive. 
  
    Mais les Forces de mobilisation populaire (FMP), qui 
regroupent des milices entraînées pour l'essentiel par l'Iran, 
ont notamment annoncé leur intention d'appuyer les forces 
gouvernementales qui progressent en direction de Tal Afar, 70 
kilomètres à l'ouest de Mossoul. 
    La prise de Tal Afar empêcherait les djihadistes de se 
replier en Syrie, dont l'armée a accusé mardi la coalition 
internationale sous commandement américain de vouloir les 
laisser passer la frontière pour modifier les rapports de force 
entre les forces pro-Assad et les groupes rebelles armés. 
   
    Elle limiterait aussi la marge de manoeuvre des civils qui 
veulent fuir Mossoul, deuxième ville d'Irak avec 1,5 million 
d'habitants. 
    Le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi a estimé mardi 
que la coupure de la route de Tal Afar était du ressort de la 
coalition, qui fournit un appui aérien et terrestre aux forces 
lancées à l'assaut de Mossoul. 
    "En ce qui concerne les FMP chiites, la coalition ne 
soutient que les éléments placés sous le commandement direct et 
le contrôle des forces irakiennes, or elles ne le sont pas. Par 
conséquent, nous ne les soutenons pas", a commenté le général 
Gary Volesky, commandant des forces terrestres de la coalition.  
    Tal Afar, qui comptait entre 150.000 et 200.000 habitants 
avant le conflit, présentait la même mixité religieuse et 
ethnique que Mossoul, mais les chiites ont fuit la ville quand 
les combattants de l'EI s'en sont rendus maîtres.  
    "Les Iraniens et les FMP veulent prendre Tal Afar à cause de 
sa signification pour les chiites et l'utiliser comme point 
d'appui pour obliquer vers Mossoul. Mais ils veulent aussi 
l'utiliser pour aller intervenir dans le conflit syrien", a 
affirmé un membre de l'administration irakienne ayant requis 
l'anonymat.  
     
    "PUNIS POUR LES CRIMES DE DAECH" 
    Les forces irakiennes, qui sont engagées essentiellement au 
sud de Mossoul, ont entrepris mercredi le "nettoyage" de la 
région de Chora, 40 km au sud du chef lieu de la province, dit 
l'armée dans un communiqué. Les peshmergas kurdes, déployés sur 
les fronts est et nord, seraient quant à eux à 20 ou 25 km de la 
ville.  
    "Les FMP vont soutenir les forces de sécurité sur le front 
ouest le long de deux axes. Le premier, c'est Tal Afar, et le 
second, c'est le soutien aux forces se dirigeant vers le centre 
de Mossoul", précise le commandement des FMP dans un communiqué 
diffusé en ligne. 
    Les miliciens chiites, qui jouissent d'un statut officiel 
reconnu à Bagdad, ont été accusés par les Nations unies et des 
associations de défense des droits de l'homme d'exactions dans 
des secteurs repris à l'EI, notamment à Falloudja, dans la 
province d'Anbar, à l'ouest de Bagdad. 
    Dans un rapport publié mardi, Amnesty International accuse 
les forces de sécurité et les milices chiites de s'être rendues 
coupables de "graves violations des droits de l'homme, y compris 
des crimes de guerre" contre des civils fuyant des territoires 
tenus par les djihadistes. 
    "Elles ont soumis les Arabes sunnites qui ont fui des 
territoires contrôlés par l'EI à des détentions arbitraires, des 
tortures, des disparitions forcés et des exécutions 
extrajudiciaires après les avoir capturés ou placés en 
détention, le plus récemment lors des principales opérations 
militaires de 2016, à savoir dans le contexte des batailles pour 
reprendre Falloudja et les secteurs alentours du gouvernorat 
d'Anbar en mai-juin 2016, des affrontements pour déloger l'EI 
d'Al Chirkat, dans le gouvernorat de Salah al-Din entre juin et 
fin septembre 2016, et du conflit en cours à Haouidja, dans le 
gouvernorat de Kirkouk, et à Mossoul et les secteurs alentours 
du gouvernorat de Ninive", énumère Amnesty dans un document 
intitulé "Punis pour les crimes de Daech". 
     
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    LE POINT sur la bataille de Mossoul   
 
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GRAPHIQUE La bataille de Mossoul    http://tmsnrt.rs/2cMNG3q 
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 (Maher Chmaytelli avec Idrees Ali et Phil Stewart à Washington; 
Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service 
français) 
 
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