Les milices chiites à l'assaut de Tal Afar, au sud de Mossoul

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 (Actualisé avec citations, contexte) 
    par Isabel Coles 
    BASE AERIENNE DE TAL AFAR, Irak, 21 novembre (Reuters) - Les 
milices chiites des Forces de mobilisation populaire (FMP) ont 
afflué lundi vers Tal Afar, dans le nord-ouest de l'Irak,  pour 
couper les voies d'approvisionnement de Mossoul, dernier bastion 
irakien des djihadistes de l'Etat islamique (EI). 
    Après avoir pris la base aérienne voisine, mercredi, les FMP 
achèvent désormais l'encerclement de cette localité située 60 
kilomètres au sud de Mossoul.  
    "Notre objectif est clair, c'est de libérer tout le 
territoire irakien et de couper les voies logistiques venant de 
Rakka, en Syrie", a déclaré le commandant Abou Mohammed al 
Attabi, interrogé sur la base aérienne, d'où Tal Afar est 
clairement visible. 
    La prise de la ville achèverait l'encerclement de Mossoul, 
déjà assiégée au Nord, au Sud et à l'Est par les forces 
gouvernementales et les combattants kurdes. 
    Un chauffeur de poids lourd qui a emprunté la semaine 
dernière la route menant à Tal Afar pour livrer des fruits à 
Rakka, bastion syrien de l'EI, a déclaré à Reuters avoir vu 
trois camions brûler sur la route et précisé que les combats 
faisaient rage autour de l'axe de communication. 
    "C'est la dernière fois que je conduis sur cette route, elle 
va être coupée", a-t-il dit. 
    Les miliciens chiites sont soutenus par l'armée de l'air 
irakienne, qui a mené des frappes aériennes et tué 15 insurgés, 
a annoncé l'armée gouvernementale dans un communiqué publié 
dimanche soir. 
     
    CRAINTES TURQUES 
    Selon Amnesty International, les FMP ont déjà commis des 
exactions relevant parfois du crime de guerre dans des secteurs 
repris à l'EI. Aucune n'a toutefois été signalée dans le cadre 
de la reconquête de Mossoul. 
    Leur offensive à Tal Afar risque cependant de provoquer une 
réaction de la Turquie, soucieuse de protéger les populations 
turkmènes, qui y sont majoritaires. Le président turc, Recep 
Tayyip Erdogan, a averti qu'Ankara réagirait si les milices 
chiites venaient à y "semer la terreur". 
    Lorsqu'elle sera encerclée, les combattants locaux qui 
appartiennent aux FMP seront les premiers à y entrer, mais s'ils 
ne parviennent à s'en emparer seuls, d'autres miliciens du 
mouvement viendront leur prêter mains fortes, a expliqué Abou 
Mohammed al Attabi.  
    L'officier, qui commande un bataillon de l'Organisation 
Badr, principale composantes des FMP, a en outre assuré que les 
miliciens chiites n'avaient aucun désir de vengeance et a lancé 
une mise en garde à la Turquie. "Nous sommes Irakiens (...) et 
nous considérons l'incursion de troupes étrangères comme un 
affront", a-t-il averti. 
    Soucieux d'apaiser les rivalités ethniques et religieuses, 
le Premier ministre irakien Haïdar al Abadi a quant à lui promis 
que les forces chargées de reprendre Tal Afar présenteraient la 
même diversité que la population de la ville. 
 
 (avec Maher Chmaytelli à Bagdad; Nicolas Delame et 
Jean-Philippe Lefief pour le service français) 
 
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