Les migrants bloqués en Grèce cherchent un passage vers le nord

le , mis à jour à 17:42
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    par Fedja Grulovic 
    IDOMENI, Grèce, 24 avril (Reuters) - Après être restés 
bloqués plusieurs semaines à Idomeni dans le nord de la Grèce, 
migrants et réfugiés ont décidé de partir à la recherche de 
nouvelles voies pour entrer en Macédoine. 
    Samedi soir, à la tombée de la nuit, un journaliste de 
Reuters a vu un groupe de 70 personnes franchir la frontière 
entre la Grèce et la Macédoine profitant d'un endroit où il n'y 
avait pas de clôture de barbelés. 
    Ils entraient et sortaient du sous-bois, cherchant à ne pas 
être repérés par les autorités. 
    Ce point de passage est situé à une vingtaine de kilomètres, 
soit à quatre heures de marche d'Idomeni, où un village de 
tentes est sorti de terre pour abriter des milliers de réfugiés 
de Syrie et d'ailleurs, bloqués dans leur progression vers 
l'Europe du Nord et de l'Ouest, par les fermetures de frontières 
en cascade annoncées dans les Balkans en février. 
    A Idomeni, où s'entassent plus de 10.000 personnes en 
détresse, certains se demandent eux aussi s'ils ne vont pas se 
mettre en route pour trouver des points oubliés pour traverser 
la frontière. 
    "Il n'y a pas d'autre solution", déclare Moutaz, un Syrien 
d'Alep. "Mettez-vous à ma place. Que feriez-vous avec cette vie 
que nous menons ? Seriez-vous satisfait de ce qu'il se 
passe(...) ?" 
    Les conditions de vie à Idomeni son exécrables, estiment les 
organisations de défense des droits de l'homme. 
    Son compatriote Eyas, de Damas, dit qu'il va tenter de 
traverser vers la frontière albanaise plus à l'ouest. "Il y a 
une chance d'y arriver par la route de Macédoine mais l'armée 
macédonienne vous renvoie", raconte-t-il à Reuters. 
    Certains tentent leur chance seuls. D'autres passent par des 
trafiquants qui leur demandent entre 350 et 600 dollars (300 à 
500 euros) par personne pour leur faire passer la frontière. 
    Un million de migrants, venus notamment de Syrie, d'Irak et 
d'Afghanistan sont arrivés en Europe via la Grèce depuis l'an 
dernier.  
    A Idomeni, les réfugiés continuent à attendre malgré la 
proposition des autorités grecques de les transférer vers des 
centres d'accueil organisés ailleurs en Grèce. 
 
 (Danielle Rouquié pour le service français) 
 
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