Les migrants au coeur des visites de Hollande à Tours et Calais

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HOLLANDE SE REND LUNDI À CALAIS
HOLLANDE SE REND LUNDI À CALAIS

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Le dossier des migrants est au coeur des visites de François Hollande, samedi à Tours et lundi à Calais, où le président entend, selon son entourage, dépassionner un débat réveillé par la primaire de la droite pour l'élection présidentielle de 2017.

Le chef de l'Etat et trois ministres, dont celui de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, visiteront samedi à Tours un Centre d'accueil et d'orientation (CAO), l'une des 164 structures nées du programme lancé il y a un an à destination des migrants bloqués dans des campements.

Depuis leur création, fin octobre 2015, les CAO répartis dans 80 départements ont pris en charge 5.638 personnes en provenance de Calais, point de ralliement des migrants dans le nord de la France, d'où ils espèrent rejoindre le Royaume-Uni.

Aucune rencontre avec des migrants ou des candidats à l'asile n'est prévue dans le programme officiel de la visite de Calais mais des rendez-vous avec les forces de l'ordre, les associations, des acteurs de l'économie locale et des élus - dont la maire LR de Calais, Natacha Bouchart, et le président LR de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand.

Annoncée en juin dans un entretien à La Voix du Nord, cette visite a été préparée avec soin dans une ville dont la patience s'effrite à mesure que se multiplient les incidents liés aux migrants, désormais quasi quotidiens.

"FAIRE APPEL À LA RAISON DES GENS"

"On est élu pour gouverner, pas pour se planquer et ne pas affronter les problèmes les plus difficiles", rétorque-t-on dans l'entourage de Bernard Cazeneuve à l'intention de ceux qui, y compris au sein du gouvernement, ont émis des réserves sur un déplacement jugé politiquement risqué.

L'entourage du chef de l'Etat promet pour sa part un discours présidentiel "qui fait appel à la raison des gens".

"L'idée est de démontrer que l'on traite et que l'on va continuer à traiter le problème dans sa globalité", dit-on.

Bernard Cazeneuve, pour qui ce sera lundi la neuvième visite de ministre à Calais, a annoncé le démantèlement prochain du camp sauvage de Calais, la "jungle", ce qui suppose de trouver 9.000 places sur l'ensemble du territoire français.

Déplorant les "surenchères" liées à la primaire de la droite, son entourage met en perspective les 1,2 million de migrants entrés dans l'Union européenne en 2015, le million accueilli en Allemagne et "un débat public complètement 'hystérisé' en France, portant sur 9.000 personnes".

La visite de François Hollande à Calais survient quelques jours après celle de l'ancien président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de droite.

Les Français n'ont "pas vocation à être les douaniers des Anglais", a dit l'ancien chef de l'Etat, qui avait fermé le camp de migrants de Sangatte et signé les accords du Touquet instituant la frontière britannique sur le sol français, lorsqu'il était ministre de l'Intérieur en 2003.

Il réclame donc une renégociation de ces accords de façon à obtenir l'ouverture d'un centre de traitement des demandes d'asile au Royaume-Uni.

Une requête jugée irrecevable par les services de Bernard Cazeneuve, surtout dans un contexte de sortie programmée du Royaume-Uni de l'Union européenne.

"RESPECT DE NOS PRINCIPES"

L'entourage du ministre ironise aussi sur la demande de fermeture des frontières françaises réclamée par Nicolas Sarkozy, alors qu'elles sont effectivement fermées depuis les attentats de novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

"Depuis le 13 novembre 2015, 65 millions de contrôles ont été effectués à la frontière et 40.000 personnes ont été refoulées", rappelle-t-on.

A sept mois de l'élection présidentielle, le déplacement de Calais devrait être donc être l'occasion de vanter la méthode "maîtrisée" choisie face aux migrations, "dans le respect de nos principes et du droit international", rappelait jeudi le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

L'exécutif socialiste se veut à la fois respectueux du droit d'asile et ferme avec les immigrés illégaux.

Selon le ministère de l'Intérieur, 30 personnes en situation irrégulière ont quitté lundi par les airs le sol français pour l'Albanie au départ de Calais, portant à 1.384 le nombre de migrants de cette zone expulsés depuis le début de l'année.

Les passeurs sont en outre ciblés par les autorités qui ont annoncé le démantèlement de 229 filières en 2016, soit une hausse d'un quart par rapport à l'an dernier.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • DS76 il y a 3 mois

    Il marque Sarko à la culotte....Et il en sera ainsi jusqu'à la fin de sa présidence!!!!

  • Pienegro il y a 3 mois

    Il a raison de leur rendre visite, ce sont ses prochains votants!