Les meurtres de soldats à Montauban et Toulouse sont liés

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TOULOUSE (Reuters) - Les meurtres de deux militaires jeudi à Montauban et d'un autre soldat dimanche dernier à Toulouse sont liés et tous trois ont été tués avec la même arme de poing, a annoncé vendredi le procureur de la République de Toulouse, Michel Valet.

Le magistrat a précisé lors d'une conférence de presse qu'il n'y avait pas de suspect à l'heure actuelle et qu'aucune piste "n'était écartée ou privilégiée" mais que la connotation de terrorisme n'apparaissait pas pour l'instant.

"Le lien a été fait de façon certaine entre les deux événements de Toulouse et de Montauban", a-t-il déclaré, précisant que les enquêtes seraient regroupées à Toulouse.

Le magistrat a confirmé que l'auteur de la fusillade de Montauban (Tarn-et-Garonne) et de celle Toulouse (Haute-Garonne) avait utilisé "la même arme". "Le tueur était déterminé à tuer", a-t-il dit.

Les trois hommes ont été froidement abattus dans des circonstances similaires à quelques jours d'intervalle par un homme circulant à scooter et portant un casque à visière.

"Toutes les victimes ont été atteintes à la tête et d'autres également dans le dos", a dit Michel Valet à propos de la fusillade, précisant que 13 balles avaient été tirées et que la majorité des tirs avaient atteint leur cible.

Un troisième soldat du 17e régiment du génie parachutiste a été grièvement blessé jeudi lors de la fusillade de Montauban et son pronostic vital est engagé.

Prié de dire si le tireur avait visé spécialement des soldats d'origine maghrébine ou antillaise, le procureur de Toulouse a répondu : "Il s'agit de quatre citoyens français et je m'en tiendrai là".

LE SOLDAT DE TOULOUSE AVAIT PASSÉ UNE ANNONCE

A la suite des fusillades de Montauban et de Toulouse, "des mesures de vigilances ont été rappelées aux militaires" de la région, a indiqué le service de presse des armées.

Un seul des soldats tués a servi en opération en Afghanistan, a déclaré Michel Valet. Les trois morts et le blessé étaient inconnus de la justice et tous célibataires et sans enfant.

Les militaires pris pour cible à Montauban étaient âgés de 23, 25 et 27 ans, selon le parquet.

Plus de 50 officiers de police judiciaire sont mobilisés pour tenter d'élucider ces meurtres. Depuis l'assassinat d'un ingénieur général en 1985 par Action directe, aucun militaire n'avait été tué en France en uniforme et dans l'espace public.

Le militaire du régiment de logistique parachutiste de Francazal, près de Toulouse, tué dimanche était, lui, en civil.

Il venait de publier une annonce pour vendre sa moto, annonce dans laquelle il précisait être militaire. Le procureur de Toulouse n'a pas été en mesure de dire le tireur avait pu répondre à cette annonce.

Le général Patrice Paulet, commandant de la 11ème brigade parachutiste, a exprimé son "sentiment de révolte."

"C'est abject, ce sont des assassinats. Des tirs dans la tête de trois-quart arrière, c'est lâche", a-t-il dit lors d'un point de presse.

Le général a confirmé avoir donné des consignes "de bon sens" aux militaires amenés à circuler hors des périmètres militaires. "J'ai donné comme consigne d'être extrêmement prudent et de ne pas circuler de manière isolée en tenue", a-t-il expliqué.

Guillaume Serries, avec Nicolas Bertin, édité par Gérard Bon

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