Les métallos de Florange veulent renégocier l'accord

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PARIS (Reuters) - Des syndicalistes du site sidérurgique de Florange, en Moselle, se sont enchaînés brièvement mercredi matin à une grille de l'hôtel Matignon pour dénoncer l'accord négocié sur l'avenir du site par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

Les métallos demandent à l'exécutif de revenir sur le compromis passé fin 2012 entre le gouvernement et le propriétaire du site, ArcelorMittal qui scelle, selon eux, la fin des hauts fourneaux.

Ils ont remis à l'Elysée une pétition demandant la nationalisation temporaire du site sidérurgique, comme le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, l'avait un moment prôné, le temps de trouver un repreneur.

"Nous, ce qu'on souhaite, c'est reprendre le projet Montebourg. Cet accord prévoit la fermeture des hauts fourneaux, donc, pour nous, le problème reste entier", a déclaré à la presse Edouard Martin, délégué CFDT à Florange.

Vers 07h00, huit métallos se sont enchaînés à la grille de la fenêtre du poste de sécurité de Matignon. Ils ont allumé deux fumigènes et crié "On ne lâche rien", a rapporté le service de presse du Premier ministre.

Les gendarmes sont intervenus pour couper la chaîne et une unité de police a repoussé les manifestants jusqu'à une rue voisine. Une vingtaine d'autres salariés ont ensuite manifesté non loin de l'Elysée.

Après avoir été repoussés des abords de Matignon, les syndicalistes qui s'étaient enchaînés ont été reçus au siège du Parti socialiste par le Premier secrétaire, Harlem Désir.

"Je comprends l'extrême méfiance des salariés de Florange vis-à-vis du groupe Mittal qui dans le passé n'a pas respecté ses engagements", a déclaré à la presse le dirigeant socialiste.

"PAS SIGNE A L'ENCRE SYMPATHIQUE"

"Je peux les assurer de la mobilisation la plus complète et totale du Premier ministre Jean-Marc Ayrault et de l'ensemble du gouvernement pour faire respecter par Mittal ses engagements", a-t-il ajouté.

Matignon a également assuré que "le gouvernement est vigilant sur le respect des engagements" et que "le comité de suivi se réunit régulièrement".

Mais les syndicalistes se sont déclarés "déçus", estimant que cet accord ne correspondait à leur attente. L'accord "n'a pas été signé à l'encre sympathique", a dit Harlem Désir.

La pétition lancée en décembre par l'intersyndicale CFDT-CGT-FO demande que François Hollande "tienne sa promesse et qu'il nationalise le site afin de permettre à un repreneur d'investir".

Les syndicalistes rappellent également que le groupe sidérurgique s'est retiré en décembre à Bruxelles de l'appel d'offres pour obtenir des financements communautaires pour développer le projet Ulcos (captage et enfouissement de CO2).

"Le projet Ulcos fait partie intégrante de l'accord. A partir du moment où Mittal ne respecte pas un engagement fondamental, il faut tirer les conclusions nécessaires et reprendre le projet Montebourg", avait alors déclaré Edouard Martin.

Elizabeth Pineau et Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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