Les métallos d'ArcelorMittal refoulés n'iront pas à l'Elysée

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DES SALARIÉS D'ARCELORMITTAL À PARIS POUR INTERPELLER NICOLAS SARKOZY
DES SALARIÉS D'ARCELORMITTAL À PARIS POUR INTERPELLER NICOLAS SARKOZY

PARIS (Reuters) - Environ 150 salariés de l'aciérie ArcelorMittal de Florange (Moselle) se sont rendus jeudi à Paris pour manifester devant le siège de campagne de Nicolas Sarkozy, dont ils ont été chassés avec du gaz lacrymogène par les CRS.

Après ces échauffourées, les principaux syndicats ont laissé éclater leur colère et refusé l'invitation du chef de l'Etat à les rencontrer lundi à l'Elysée pour débattre de l'avenir des hauts-fourneaux de Florange à l'arrêt depuis plus de six mois.

"Ça fait quatre semaines qu'on fait grève, on n'a agressé personne et lui il nous gaze, le candidat du peuple!", a déclaré Edouard Martin, responsable de la CFDT. "On n'ira pas à son invitation!", a-t-il lancé aux journalistes.

En déplacement à Suippes, dans la Marne, Nicolas Sarkozy a accusé la CGT, en particulier, d'avoir voulu une opération politique et a dénoncé une "petite manoeuvre"

"Les gaz lacrymogènes, ce n'est jamais bien, mais je ne suis pas décidé à laisser casser qui que ce soit. Dans la République, on se comporte comme des républicains", a-t-il dit à la presse.

"Vous avez le coeur du problème français. Les syndicalistes devraient défendre les intérêts de salariés, pas faire de la politique. En agissant ainsi, ils font de la politique", a-t-il dit.

"Que la CGT ne pense pas qu'elle a un rôle à jouer dans cette campagne comme politique. Ça ne lui va pas (...) Si on est inquiet pour un site industriel, on vient pour parler, on ne vient pas pour casser", a ajouté le président-candidat.

Nicolas Sarkozy a assuré "aux vrais salariés de Florange, à ceux qui travaillent", qu'il était à leur disposition "pour les voir quand ils le souhaitent".

La CGT a appelé très officiellement au début de la semaine à ne pas voter pour Nicolas Sarkozy les 22 avril et 6 mai prochains, jugeant que la réélection du chef de l'État enfoncerait encore plus la France dans la crise.

"L'ACIER LORRAIN VIVRA"

Venus de Moselle le matin même à bord de quatre bus, les salariés, vêtus de chasubles orange, casque de chantier sur la tête, avaient auparavant tenté d'approcher le QG de Nicolas Sarkozy, dans le XVe arrondissement de la capitale, en activant des fusées de détresse.

Après un pique-nique aux abords du siège de campagne, les manifestants ont pris, à pied, la direction de la Tour Eiffel, où ils n'ont pas eu l'autorisation de déployer une banderole proclamant "l'acier lorrain vivra" comme ils l'espéraient.

Ils ont finalement décidé de poser la banderole au pied de la tour, dont l'acier vient de Lorraine.

Nicolas Sarkozy, qui s'était rendu jeudi matin à son QG avant un déplacement électoral dans la Marne, avait confirmé à des journalistes qu'il recevrait les salariés d'ArcelorMittal "avec plaisir".

Les heurts, ponctués de "Sarko démission!", se sont produits alors qu'il était parti.

Les salariés demandent que le groupe s'engage à redémarrer les deux hauts-fourneaux de Florange, éteints depuis juillet et octobre, et à pérenniser ce site de 2.700 employés - plus de 4.000 en comptant intérimaires et sous-traitants.

Après une rencontre avec le directeur général indien du groupe sidérurgique, Nicolas Sarkozy avait annoncé le 1er mars qu'ArcelorMittal allait redémarrer l'un des hauts-fourneaux de Florange. Mais le leader mondial avait ensuite précisé que ce redémarrage au second semestre 2012 n'aurait lieu qu'en cas de reprise économique.

La réunion de facilitation organisée sous l'égide de l'État entre la direction et les représentants des travailleurs s'est soldée vendredi dernier par un échec, d'après les syndicats.

Gilbert Reilhac à Strasbourg, Thierry Chiarello et Chine Labbé à Paris, édité par Sophie Louet

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  • M1617344 le jeudi 15 mar 2012 à 16:47

    Il fallait bien s'attendre à ce que les rouges cherchent à mettre le bazar !