Les mesures qui pèsent sur les entreprises et le pouvoir d'achat

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Le gouvernement a choisi de financer la réforme essentiellement par des hausses de prélèvements et une désindexation des pensions qui ne dit pas son nom.

C'est la mesure qui fait tiquer Bruxelles, parce qu'elle va renchérir le coût du travail. Employés comme employeurs subiront chacun de leur côté une hausse de 0,3 point des cotisations vieillesse durant quatre ans (0,15 point en 2014, puis 0,05 point les années suivantes). Gains estimés: 2,2 milliards en 2017. Toutefois, les hausses infligées aux entreprises seront compensées par des baisses équivalentes des cotisations famille. Le ministre de l'Économie Pierre Moscovici a par ailleurs promis que la réforme des retraites ne coûtera rien aux entreprises sur la durée du quinquennat.

Double peine pour les retraités

Ce seront, dès 2014, les plus touchés par la réforme Ayrault. Le gouvernement entend récupérer 1,8 milliard auprès des retraités dès l'année prochaine. À l'exception des bénéficiaires du minimum vieillesse, ils subiront un report de six mois de la revalorisation de leurs pensions, du 1er avril au 1er octobre 2014. Économies espérées, via ce gel déguisé: 600 millions d'euros. Les parents de trois enfants et plus verront en outre leur majoration de pension de 10 % soumise dès l'année prochaine à l'impôt sur le revenu.

Allongement de la durée de cotisation après 2020

Bruxelles aurait aimé que François Hollande agisse davantage sur ce levier, à défaut de reculer une nouvelle fois l'âge de départ à la retraite. Mais, afin de ne pas braquer les syndicats, l'exécutif a décidé de n'allonger la durée de cotisation qu'après 2020, au rythme d'un trimestre tous les trois ans jusqu'en 2035. Au-delà de cette date, la durée requise pour la génération de 1973 s'élèvera à 43 ans, contre 41,5 aujourd'hui. Cette mesure, qui s'appliquera aux salariés du privé comme aux fonctionnaires et aux agents des régimes spéciaux, rapportera 2,7 milliards à horizon 2030. Jusqu'en 2020, la durée d'assurance augmentera au rythme fixé par la réforme Fillon de 2003.

Une coûteuse prise en compte de la pénibilité

Le gouvernement crée un «compte personnel de prévention de la pénibilité». Les années d'exposition à un facteur de risque (travail de nuit, substances cancérigènes, etc.) donneront droit, via un système de points, à des formations pour reconversion ou à un départ à la retraite anticipé. Coût: 2 milliards à horizon 2020 financés par des cotisations employeur.

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