Les mesures de Montebourg pour la téléphonie en débat

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DES MESURES DE SOUTIEN AUX OPÉRATEURS TÉLÉCOMS ATTENDUES À LA RENTRÉE
DES MESURES DE SOUTIEN AUX OPÉRATEURS TÉLÉCOMS ATTENDUES À LA RENTRÉE

PARIS (Reuters) - Les mesures de soutien aux opérateurs de téléphonie mobile envisagées par le gouvernement pour éviter des licenciements dans le secteur et relocaliser certains emplois divisent la classe politique, partagée entre intérêt des consommateurs et protection de l'emploi.

Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg doit présenter à la rentrée une série de mesures pour éviter des coupes dans les effectifs chez les opérateurs historiques.

SFR, filiale de Vivendi et Bouygues Telecom ont tous les deux annoncé des plans de départ volontaires pour faire face à des conditions économiques plus difficiles et à l'arrivée de Free sur le marché du mobile.

Le gouvernement envisage notamment un assouplissement de la loi Chatel, qui comporte plusieurs mesures de protection des consommateurs, dont la possibilité, au bout d'un an d'engagement, de résilier son contrat en s'acquittant de seulement 25% des montants restant dus à l'opérateur.

Arnaud Montebourg a par ailleurs suggéré aux dirigeants des opérateurs de télécoms de transférer en France l'intégralité de leurs centres d'appels, dont une part importante est délocalisée au Maroc et en Tunisie.

Des pistes vivement critiquées par Luc Chatel, qui fut secrétaire d'Etat UMP à la Consommation.

"Le gouvernement veut prendre les consommateurs en otage (...) (et il) se retrouve dans une situation absurde : les socialistes défendent les intérêts des grands opérateurs face aux consommateurs", dit-il lundi dans un entretien au Parisien.

"Le vrai débat, c'est celui de la compétitivité des entreprises françaises. C'est parce que le coût du travail est plus cher en France qu'ailleurs que le secteur des télécoms délocalise ses centres d'appels depuis des années", ajoute-t-il.

"LE JUSTE PRIX"

L'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile a entraîné une baisse du chiffre d'affaires et des marges des opérateurs historiques. Pour Luc Chatel, son arrivée sur le marché a été "une bonne chose". Conjuguée à la loi Chatel, elle se serait d'après lui traduite par une baisse des prix de 18%.

Mais plus que la défense du consommateur, la lutte contre le chômage est devenue la priorité des pouvoirs publics.

"Pour le gouvernement, la concurrence doit trouver sa limite dans la conservation de l'emploi", a récemment déclaré Arnaud Montebourg.

Une position défendue lundi sur RTL par Bruno Le Roux, patron des députés socialistes à l'Assemblée nationale.

Le discours de Luc Chatel "est le discours de la démission, c'est le discours de ceux qui, parce qu'ils n'ont rien fait, voudraient que le gouvernement ne fasse rien", a-t-il estimé.

Et si les mesures gouvernementales devaient entraîner une hausse des coûts pour les consommateurs, "c'est pas payer plus cher, c'est payer un prix qui permette en même temps d'être le juste prix et qui permette de maintenir nos activités".

Se démarquant de Luc Chatel, le député UMP des Yvelines Henri Guaino a plutôt soutenu l'idée de faire payer aux consommateurs un prix plus élevé pour maintenir l'emploi en France.

"La question quand même est de savoir si on fait l'Europe des consommateurs ou l'Europe des producteurs, parce que le consommateur, quand il n'a plus de travail, quand il n'a plus d'emploi, il consomme beaucoup moins", a-t-il dit sur BFM-TV et RMC. "Oui, il y a l'intérêt du consommateur, mais il y a aussi l'intérêt du travailleur, l'intérêt du salarié, qui est lui-même consommateur", a-t-il ajouté.

Chine Labbé, édité par Yves Clarisse

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