Les Marseillais se sont trompés de philosophie

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Les Marseillais se sont trompés de philosophie
Les Marseillais se sont trompés de philosophie

Après leur cuisante défaite les joueurs de l’OM se sont lamentés de ne pas avoir suivi leur feuille de route. Qui n’était, de toute façon, pas la bonne.

Dimanche soir, après avoir reçu la leçon à l’Orange Vélodrome, tous les Marseillais étaient unanimes. Le Paris Saint-Germain a été « supérieur », « au-dessus » et à vrai dire, on s’en était tous rendus compte, bien avant que certains olympiens ne le clament, un à un, en zone mixte. Ils en sont même venus à s’excuser, soit à demi-mot, Clinton Njie concédant qu’ils « n’avaient pas été à la hauteur », soit en toute franchise, Patrice Evra avouant « être vraiment désolé ».

Pourtant, les hommes de Rudi Garcia n’avaient absolument pas à se faire pardonner une « supériorité » parisienne et donc, forcément, leur « infériorité ». Il aurait été bien prétentieux d’avoir l’ambition de jouer dans le même registre qu’une équipe figurant parmi le gratin européen et capable de piétiner la meilleure équipe de ce début de siècle avec les mêmes armes technico-tactiques. Les Marseillais n’avaient vraisemblablement pas cerné ce problème.

« Mettre des pains », faire du jeu et mieux encore

« On a oublié de jouer. C’est ce qui me fait mal. A l’arrivée, on n’a pas respecté les consignes du coach », a lâché Evra après la rencontre. « On a surtout voulu jouer notre jeu. On a réussi à faire jeu égal, et à aller les chercher... jusqu’à ce but » a analysé Dimitri Payet, qui a lui aussi eu un petit mot de compassion pour les 65.252 spectateurs -ils n’avaient jamais été aussi nombreux- présents au stade. Les supporters ne réclamaient pourtant pas ce « jeu » qui sortait de toutes les bouches phocéennes.

Eux voulaient autre chose. Et ils l’avaient affiché en gros dans les tribunes : « honorez le bleu et blanc, ayez la grinta », pouvait-on lire sur les larges banderoles déployées. Eux se souviennent qu’il existe d’autres règles pour renverser les ogres. Et « il ne s’agit pas que de mettre des pains », comme s’est défendu Evra. Mais l’envie, l’intensité et la rigueur sont d’autres dérivées valeureuses.

Personne pour incarner « la grinta »

C’est d’ailleurs précisément autour de ces constantes-là que s’est construite la vraie philosophie olympienne. Dimanche soir, le onze ciel et blanc l’a oublié, probablement parce que parmi les titulaires, aucun n’a été nourri de cette fibre. Hormis, peut-être, Maxime Lopez, qui n’avait que 13 ans le jour où l’OM avait donné le plus bel aperçu de cette force, lors de la dernière victoire du club face au PSG, en novembre 2011.

Le club, son propriétaire et ses nouveaux moyens auraient tord de ne pas prétendre, dans une vision à long terme, jouer sur les mêmes sommets que son rival de la capitale. Mais d’ici-là, il devra se contenter de ce qu’il a. Sans se chercher de fausses excuses.

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