Les marges des banques de la zone euro résistent bien

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    * Les marges bancaires à leurs niveaux d'avant la crise 
financière 
    * Pour JPMorgan, la BCE a des marges pour baisser ses taux 
    * L'évolution des marges des banques: http://reut.rs/24AMT9N 
 
    par Francesco Canepa 
    FRANCFORT, 2 mars (Reuters) - Les banques de la zone euro 
réalisent sur leurs prêts des marges comparables à celles 
qu'elles engrangeaient avant la crise financière, montrent les 
statistiques publiées mercredi par la Banque centrale 
européenne, qui contredisent les déclarations de certains 
banquiers sur l'impact néfaste de la politique monétaire sur 
leur rentabilité.  
    Ces données devraient conforter les partisans d'un nouvel 
assouplissement au sein du Conseil des gouverneurs de la BCE, 
qui se réunit dans huit jours et pourrait, selon la plupart des 
observateurs, décider à cette d'une nouvelle réduction de son 
taux de dépôt pour tenter de relancer l'inflation.  
    Elles viennent aussi appuyer les déclarations de Benoît 
Coeuré, l'un des membres du directoire de l'institution et un 
proche de Mario Draghi, qui a estimé mercredi que la politique 
monétaire n'était pas le principal problème du secteur bancaire. 
    Les calculs effectués par Reuters sur la base des données de 
la BCE montrent que le taux d'intérêt moyen des prêts aux 
ménages et aux entreprises de la zone euro a été pratiquement 
divisé par deux depuis le début de la crise financière en 2008, 
mais aussi que le taux de rémunération des dépôts a diminué 
davantage encore.  
    L'écart entre ces deux taux, qui donne une indication de la 
marge des banques, se situe ainsi à environ 240 points de base, 
soit son niveau de 2005 et de 2009. Il avait culminé à 285 
points en 2003 et était tombé au plus bas à 184 points en 2012.  
    En janvier, le taux moyen de l'encours de prêts des banques 
était de 3,6% et celui des dépôts rémunérés de 1,2%.  
     
    LES RÉCRIMINATIONS DES BANQUES CONTREDITES PAR LES CHIFFRES 
    Ces chiffres contredisent donc les récriminations de 
certains dirigeants du secteur et du président de la Bundesbank, 
Jens Weidmann, qui a déclaré la semaine dernière que les profits 
des banques diminueraient si les taux restaient trop long très 
bas.  
    Mercredi, le président du directoire de Deutsche Bank, John 
Cryan, a quant à lui jugé que la politique monétaire de la BCE 
risquait d'avoir l'effet inverse de celui escompté en 
affaiblissant les banques et en renchérissant le coût du crédit. 
    "L'un des principaux facteurs de risque pour notre banque 
est la menace de taux d'intérêt encore plus négatifs. Cela 
conduirait à faire payer le crédit plus cher. Les banques (...) 
ne peuvent pas supporter cette perte", a-t-il dit.  
    Mais cet argument ne convainc pas certains économistes, 
comme David Mackie, de JPMorgan. "L'impression qui ressort des 
données de la BCE, c'est qu'il existe une marge de manoeuvre 
pour abaisser encore les taux avant que cela ait un effet marqué 
sur le revenu net d'intérêt", dit-il. 
    Les banques ont longtemps pu générer des revenus 
supplémentaires en déposant à la BCE une partie de leurs 
liquidités ou en achetant des obligations d'Etat. Mais 
aujourd'hui, le taux appliqué par la banque centrale aux dépôts 
la banque est à -0,30%, et les rendements des emprunts d'Etat 
sont quasi-nuls.  
    Cette situation incite les banques à se tourner vers des 
placements plus rémunérateurs, mais aussi plus risqués, ou à 
augmenter leur activité de prêt, ce qui est précisément l'un des 
buts recherchés par la BCE.  
    Mais la diminution des rendements obligataires a aussi 
permis aux banques de pays touchés par la crise de la dette, 
comme l'Italie et le Portugal, de réduire leurs coûts de 
financement.  
    La BCE a pris acte des préoccupations exprimées par le 
secteur bancaire mais elle s'en tient pour l'instant à sa 
stratégie.  
    Les deux principales responsables de la supervision bancaire 
au sein de l'institution, Sabine Lautenschläger et Danièle Nouy, 
ont ainsi appelé les banques à se concentrer sur les activités 
les plus rentables et à réduire leurs coûts.     
     
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
 

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