Les marchés turcs s'effondrent suite au coup d'Etat manqué

le , mis à jour à 18:32
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L'indice BIST 100 de la bourse turque perdait plus de 8% lundi en cours de séance, affecté par la tentative de putsch militaire survenue au cours du weekend.
L'indice BIST 100 de la bourse turque perdait plus de 8% lundi en cours de séance, affecté par la tentative de putsch militaire survenue au cours du weekend.

La tentative de putsch militaire en Turquie, débutée vendredi soir et mise en échec samedi et dimanche par le pouvoir en place, n’est pas sans conséquence sur les marchés financiers turcs. La livre turque a limité ses pertes lundi mais les actions turques ont lourdement chuté.

Déjà malmenée par les attaques survenues dans l’aéroport d’Istanbul-Atatürk le 28 juin 2016, l’image de la Turquie a de nouveau été entachée par la tentative de putsch militaire survenue dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 juillet 2016.

Le pouvoir en place, qui est parvenu à rapidement maîtriser le soulèvement de la faction putschiste des forces armées turques au prix d’un bref conflit armé ayant fait plus de 200 morts et 1500 blessés, a annoncé la mise en garde à vue de plusieurs milliers de personnes pouvant avoir un lien direct ou indirect avec cet événement.

Les chefs d'Etat occidentaux, qui ont condamné l'action des putschistes, ont également commencé à émettre des critiques au sujet de la réaction du pouvoir turc en place, qui évoquait l'éventuelle réintroduction de la peine de mort pour condamner les hauts-gradés de l'armée à l'origine de cette tentative de renversement du pouvoir.

La livre turque résiste

Quoi qu'il en soit, cette tentative de putsch militaire a renforcé la perception des risques politiques et économiques des investisseurs en Turquie, au sein d’une région du monde déjà profondément déstabilisée.

Sur les marchés, la livre turque avait largement souffert de la situation vendredi soir en perdant plus de 4% face au dollar en quelques minutes, passant de 2,89 TRY pour 1 USD à 3,03 TRY pour 1 USD, le Forex étant encore ouvert au moment où les premières rumeurs de tentative de coup d’Etat ont été relayées par Reuters.

Lundi, la livre parvenait néanmoins à se raffermir de 1,58% face au dollar vers 17h30, avec une parité de 2,96 TRY pour 1 USD.

D’après les déclarations du vice-Premier ministre turc Mehmet Simsek, le pays et sa banque centrale ne chercheraient pas à intervenir pour soutenir la devise turque. Le raffermissement de cette dernière serait donc entièrement dû à l’accalmie des craintes des investisseurs suite à l’échec de la tentative de putsch militaire qui avait attisé leurs craintes.

Les marchés actions s’effondrent

Cette accalmie des craintes des investisseurs reste très relative : les marchés actions turcs, pour leur part, n'ont cessé de creuser leurs pertes lundi.

Le BIST 100, principal indice boursier turc, a terminé en repli de 7,08% à 76.957 points lundi 18 juillet. Ses pertes restaient pourtant encore limitées en matinée. Le BIST 30, plus resserré, a pour sa part perdu 6,71%.

L’ensemble des valeurs des deux indices s’affichaient dans le rouge, certaines d’entre elles perdant aux alentours de 20% de leur valeur.

Le flux vendeur sur les marchés turcs est accentué par le désengagement de certains investisseurs étrangers. Au cours des derniers mois, et après un début d’année difficile pour tous les pays émergents, les flux d’investissement en Turquie étaient redevenus positifs de +7,3 milliards de dollars en mai 2016 contre -3,2 milliards lors du même mois de l’année 2015, d'après des chiffres cités par Les Echos.

Les taux d’emprunt turcs s’envolent

Enfin, sur les marchés obligataires, les craintes des investisseurs provoquent une forte hausse des taux sur les obligations souveraines turques.

À 18h, le taux à 10 ans turc progressait de 64 points de base (0,64%) à 9,53%. Le taux à 1 an, pour sa part, progressait de 63 points de base à 9,00%.

Le niveau très élevé des taux turcs par rapport aux taux souverains des pays de la zone euro s’explique par le fort niveau d’inflation qui caractérise l’économie turque, auquel s’ajoute une importante prime de risque.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • mlaure13 il y a 10 mois

    Houari Boumediene, Pdt algérien : Dès 1974, lors de la conférence islamique affirme :« Le ventre fécond de nos femmes nous permettra de conquérir l'’Europe et le Monde » et à l’ONU « Des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Ils n'iront pas en tant qu’amis. Ils iront pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant avec leurs fils. C’est le ventre des femmes qui nous donnera la victoire

  • d.e.s.t. il y a 10 mois

    Après la Grèce invitée par Giscard dit d'estaing, la Tiurquie a tout à fait le profil rêvé pour entrer en UE!

  • jean-648 il y a 10 mois

    rleonard vous savez sans doute que la Turquie frappe à la porte de l'Europe depuis 1963. Depuis cette date la Turquie a rempli 3 exigences européennes. Il en reste 72 encore. A ce train dans 2 siècles on n'en parlera encore. La Turquie n' a absolument pas envie de rentrer dans l'Europe. Elle veut refaire l'empire ottoman.

  • rleonard il y a 10 mois

    pas de problemes, nos fonctionnaires de l'UE sont en train de négocier leur entrée donc ils seront sauvés grace a nos impots !!!

  • ramseslj il y a 10 mois

    La livre qui résiste et le marché actions qui baisse? Ou bien le marché domestique est très pessimiste et les étrangers ont confiance ( !!!!) ou bien la banque centrale ment et soutient la devise.