Les marchés sont « bercés d'illusions » (BNP Paribas IP)

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Les marchés risquent toujours de subir des désillusions avec les statistiques chinoises, souligne BNP Paribas.
Les marchés risquent toujours de subir des désillusions avec les statistiques chinoises, souligne BNP Paribas.

Dans sa dernière note de stratégie diffusée vendredi 22 avril, BNP Paribas Investment Partners affiche son scepticisme face au retour d’une certaine insouciance générale sur certains sujets qui avaient inquiété les marchés en début d’année.

Au cours des dernières séances boursières, « Un vent d’optimisme a soufflé sur les marchés financiers » relève BNP Paribas IP dans sa dernière note de stratégie hebdomadaire diffusée à la presse vendredi 22 avril.

« Les statistiques économiques de la Chine ont été jugées encourageantes et la seule trajectoire perçue [par les investisseurs] pour l’économie américaine est celle d’une amélioration après la faible hausse du PIB au premier trimestre », résument Joost van Leenders, économiste, et Colin Graham, directeur des investissements au sein de l’équipe Solutions multi-actifs chez BNP Paribas IP.

Pour autant, les deux stratèges ne partagent pas cet enthousiasme, affirmant de manière très directe que « Les fluctuations du pétrole et la publication de statistiques encourageantes bercent les marchés d’illusions ».

« Nous ne sommes pas convaincus d’une reprise de l’économie chinoise »

Le dossier chinois, délaissé par les investisseurs qui n’y portent plus guère d’attention depuis environ deux mois, continue d’intriguer Joost van Leenders et Colin Graham.

La Chine a officiellement fait état d’une croissance de 6,7% en glissement annuel au T1 2016 par rapport au T1 2015, un chiffre globalement conforme aux attentes. Cependant, « La décélération de la croissance trimestrielle à 4,5% en rythme annualisé, soit la plus faible performance observée depuis le début de cette série de données en 2011, a été pratiquement ignorée dans de nombreux commentaires », relève BNP Paribas IP.

Rappelons que la croissance trimestrielle annualisée désigne la croissance qui serait obtenue au bout d’un an si la croissance d’un trimestre par rapport au précédent était répétée à l’identique sur une année complète.

Certains signaux positifs ont récemment été émis par l’économie chinoise : « La production d’électricité, qui est largement considérée comme un indicateur ponctuel et moins manipulé [que les statistiques officielles] de l’activité économique, a augmenté, et la production de ciment a bondi sous l’effet d’une hausse des constructions de logements et des investissements en infrastructures. Des indicateurs, tels que l’indicateur de PIB de Bloomberg et l’indice Li Keqiang, se sont redressés récemment », reconnaît BNP Paribas IP.

« D’un autre côté, des faiblesses subsistent. Les ventes au détail affichent leur croissance la plus lente depuis 2004. La composante "emploi composite" des indices PMI a été inférieure à 50 [comprendre : en décélération] sur tous les mois sauf un depuis mars 2014 et a atteint un plus-bas historique en mars dernier ».

« Les perspectives de la Chine ne peuvent être positives que sur le court terme »

L’ambiguïté des statistiques chinoises persiste en se penchant sur les prix de l’immobilier, qui bondissent depuis le début de l’année. « Notre indicateur moyen de hausse des prix dans les seize grandes villes, pondéré en fonction de la population, a augmenté de 17%, soit à peu près deux fois plus vite que lors des reprises de 2010 et de 2014. Une nouvelle bulle pourrait se former », commente BNP Paribas IP.

Sur ce sujet, les deux stratèges concluent : « Selon nous, les perspectives de la Chine ne peuvent être positives que sur le court terme, car elles sont tirées par des politiques monétaire et budgétaire expansionnistes sur fond d’importants déséquilibres dans une économie qui connaît un ralentissement structurel dû à la croissance plus faible de la population et de la productivité. Dans ce contexte, nous sommes quelque peu sceptiques quant à l’optimisme récent sur la croissance chinoise ».

Etats-Unis : « Le marché américain du logement est à surveiller »

BNP Paribas IP reste également attentive à certains indicateurs économiques américains ayant montré quelques signes de fébrilité dernièrement.

« Deux développements ont attiré notre attention. Le moral des ménages a cessé de s’améliorer et leurs dépenses ont été faibles dernièrement. Cependant, l’augmentation du revenu et du patrimoine net devrait entraîner un rebond de la consommation au deuxième trimestre. Par ailleurs, la progression de certains indicateurs du marché du logement a marqué le pas, [mais] compte tenu de la faiblesse du taux de chômage, de la hausse robuste des revenus et du bas niveau des taux hypothécaires, nous estimons que le ralentissement du logement ne durera pas », expliquent Joost van Leenders et Colin Graham.

Le ton est ici plutôt apaisant et pousse à penser que la mauvaise orientation des indicateurs américains en début d’année n’aurait été qu’une fausse alerte. BNP Paribas IP note néanmoins que « Le marché américain du logement est à surveiller » dans les prochains mois pour confirmer cette touche d’optimisme.

Joost van Leenders et Colin Graham restent tout de même prudents : « Nous sommes d’accord sur le fait que l’économie américaine devrait rebondir au deuxième trimestre, mais nous n’attendons pas d’évolution notable de la tendance de croissance d’environ 2% ». En somme, « Nous n’avons pas modifié notre allocation d’actifs [qui reste] défensive » sur les marchés financiers, concluent-ils.

Xavier Bargue (redaction@boursorama.fr)

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  • hornerd il y a 8 mois

    C'est surtout du côté des marchés immobiliers que l'on a des bulles : il n'y a qu'à voir les prix à Paris et à Londres notamment pour le constater : les prix sont totalement déconnectés de la réalité économique.

  • songeur3 il y a 8 mois

    Pfffuitt! Rien a voir! Le marche monte car les taux sont bas donc la speculation gonfle une bulle. Tant que la musique joue, on danse...attention au retour de baton. On a un systeme dont la dynamique est instable donc on a la bulle et on aura l'eclatement. D'ailleurs, ca monte alors qu'il y a decollecte dans les fonds actions