Les marchés se préparent à une possible tempête mercredi

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POSSIBLE TOURMENTE SUR LES MARCHÉS FINANCIERS MERCREDI
POSSIBLE TOURMENTE SUR LES MARCHÉS FINANCIERS MERCREDI

par Olivia Oran et Sumeet Chatterjee

(Reuters) - Ayant en tête le choc déclenché en juin par le vote des électeurs britanniques pour la sortie de leur pays de l'Union européenne, les banques et les courtiers se préparaient mardi à la possibilité d'une nouvelle tourmente sur les marchés financiers si les résultats des élections américaines ne correspondent pas au scénario attendu par les investisseurs.

Les places asiatiques seront les premières à réagir mercredi et plusieurs grands acteurs de la finance dans la région, comme HSBC ou Nomura, ont renforcé leurs équipes; d'autres ont pris des mesures exceptionnelles pour limiter le risque d'une flambée des volumes et de la volatilité, par exemple en relevant le niveau de marge imposé aux investisseurs.

Aux Etats-Unis, Morgan Stanley a donné pour instruction à ses équipes d'envisager le recours à des ordres "stop-loss", un mécanisme de trading automatique qui déclenche la vente d'une position lorsque l'actif concerné atteint un niveau défini à l'avance, si les volumes et la volatilité s'envolent.

La banque a également dit à ses conseillers en gestion de fortune de se préparer à faire le point avec les clients après les résultats des élections.

Certains traders, s'appuyant sur le niveau des options sur l'indice Standard & Poor's 500, s'attendent à ce que les marchés actions américains gagnent ou perdent autour de 2% mercredi. Mais plusieurs banques envisagent des variations plus fortes encore en cas de victoire du républicain Donald Trump: pour Citigroup, un tel scénario se traduirait par une baisse de 3% à 5% pour le S&P 500.

Le 24 juin, au lendemain du référendum britannique sur le Brexit, la Bourse de Londres avait limité son repli à moins de 3% mais celle de Francfort avait chuté de près de 7% et celle de Paris de pratiquement 8%. A New York, le S&P 500 avait abandonné 3,6%.

Après avoir fini en hausse lundi au lendemain de la confirmation par le FBI de sa décision de ne pas réclamer de poursuite à l'encontre d'Hillary Clinton dans l'affaire de ses courriels, Wall Street était en léger repli en début de séance mardi, la prudence pesant sur la tendance.

LA PLUS IMPORTANTE "INCONNUE CONNUE" DEPUIS 2008

Les investisseurs considèrent la candidate démocrate comme la garante d'un certain statu quo politique et économique aux Etats-Unis alors que les positions affichées par son principal adversaire sur la politique étrangère, le libre-échange et l'immigration leur déplaisent.

"Le marché nous a plus ou moins dit qui allait gagner demain", a déclaré un responsable d'une grande banque qui n'a pas prévu de renforcer ses équipes mercredi.

Un responsable d'un établissement concurrent a estimé que la hausse de 2,2% de Wall Street lundi avait permis de ramener le niveau d'alerte global de "DEFCON 2" à "DEFCON 4", en se référant à la nomenclature de la Défense américaine.

Dans une étude publiée lundi, le courtier japonais Nomura présente toutefois la présidentielle de mardi comme la plus importante "inconnue connue" à laquelle les marchés auront dû faire face depuis la crise financière. Il estime qu'une victoire de Trump pourrait provoquer une baisse de plus de 6% des Bourses asiatiques.

Pour Stéphane Loiseau, responsable de l'activité cash actions de Société générale pour l'Asie-Pacifique, les élections américaines s'annoncent plus importantes pour la région que le référendum britannique et pourraient donc se traduire par une envolée simultanée des volumes et de la volatilité.

Le courtier australien IG Markets a quant à lui relevé les taux de marge des positions sur les indices américains et certaines transactions sur le dollar, pour le porter de 0,5% à 1%. Mais il dit ne pas s'attendre à "un effondrement ou une envolée".

Aucun des grands opérateurs de marchés américains interrogés lundi par Reuters n'a prévu de mesures exceptionnelles pour faire face à un éventuel pic de volatilité.

(avec David Henry Elizabeth Dilts et Saqib Ahmed à New York, Michelle Price et Julie Zhu à Hong Kong, Swati Pandey à Sydney et Adbhirup Roy à Bombay; Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)


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