Les marchés obligataires soulignent les risques de récession

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    * Courbe des taux aux Etat-Unis : http://reut.rs/1PkLOMJ 
    * Courbe des taux en GB : http://reut.rs/1TzPcoE 
    * Courbe des taux au Japon : http://reut.rs/1PkMnWD 
    * Courbe des taux en Allemagne : http://reut.rs/1TzNkwc 
 
    par Jamie McGeever 
    LONDRES, 4 février (Reuters) - S'il faut en croire les 
marchés obligataires, l'économie mondiale se dirige droit vers 
la récession.  
    Les turbulences sur les marchés financiers depuis le début 
de l'année, alimentées par un nouveau plongeon des cours du 
pétrole et les craintes sur l'économie chinoise, ont encore fait 
baisser les rendements obligataires et aplati les courbes de 
taux dans tous les pays développés. 
    La question du pouvoir prédictif des courbes de rendements 
dans un environnement de taux zéro voire négatifs et d'achats 
massifs d'obligations, principalement d'obligations d'Etat, par 
certaines banques centrales peut se poser. 
    Les rendements sur les obligations à long terme d'un pays 
devraient normalement être supérieurs à ceux des titres 
d'échéances plus courtes, les investisseurs réclamant une 
rémunération plus élevée pour se prémunir contre un risque de 
crédit et d'inflation d'autant plus grand que la durée de leur 
engagement est longue. Cette situation "normale" correspond à 
une courbe des taux ascendante ou positive. 
    Mais les courbes ont actuellement tendance à s'aplatir, les 
rendements à court terme sont tirés vers le bas par les 
anticipations d'un maintien de politiques monétaires 
accommodantes et les rendements à long terme sont déprimés par 
une croissance et une inflation défaillantes. 
    "Les choses sont un peu plus compliquées qu'elles ne 
l'étaient. La forme de la courbe des taux dépend très largement 
aujourd'hui de l'activité des banques centrales avec les taux 
négatifs et l'assouplissement quantitatif. Cela modifie les 
mécanismes de la courbe des taux pour ce qui concerne les 
signaux en matière de croissance et d'inflation", a dit Lena 
Komileva, directrice générale de G+ Economics. 
    "Mais cela suggère que les investisseurs n'ont plus 
confiance dans la capacité des banques centrales à relancer la 
croissance mondiale ou à prévenir un nouveau ralentissement." 
    Aux Etats-Unis, l'écart entre les rendements à 2 ans 
 US2YT=RR  et à 10 ans  US10YT=RR  est tombé cette semaine à 110 
points de base, au plus bas depuis huit ans.  
    Le rendement sur les Treasuries à 10 ans a chuté à 1,90%, en 
baisse de 40 points de base depuis la décision de la Fed de 
relever ses taux directeurs en décembre. 
     
    INDICATEUR AVANCÉ 
    L'aplatissement de la courbe des taux a constitué dans le 
passé un indicateur avancé relativement fiable d'un 
ralentissement de la croissance et une courbe inversée, 
caractérisée par des taux courts supérieurs aux taux longs, 
signalait une prochaine entrée en récession. 
    L'inversion de la courbe des taux a précédé les cinq 
récessions subies par l'économie américaine depuis 1980 et il en 
a été de même pour les trois récessions de l'économie 
britannique sur la même période. 
    L'inversion marquée pendant plusieurs années de la courbe 
des taux britannique à la fin des années 1990 et au début des 
années 2000 n'a toutefois pas débouché sur une récession.  
    Le Japon a traversé quatre récessions depuis le milieu des 
années 1990 sans inversion préalable de la courbe des taux. 
    Une récession mondiale est généralement définie comme une 
croissance inférieure à un rythme annuel de 2,5% considéré comme 
nécessaire pour absorber la croissance de la population active 
mondiale. Dans les économies développées, une récession 
correspond techniquement à une contraction du produit intérieur 
brut pendant deux trimestres consécutifs. 
    Plusieurs grandes banques d'investissement comme Citi, Bank 
of America Merrill Lynch et Morgan Stanley, n'ont pas exclu 
l'éventualité d'une récession de l'économie américaine voire de 
l'économie mondiale. 
    Les pressions inflationnistes et les anticipations 
d'inflation dans les pays développés sont en net recul avec la 
faiblesse des prix du pétrole tandis que le nombre de banques 
centrales qui ont assoupli leur politique monétaire ou qui 
signalent un biais accommodant ne cesse de progresser depuis le 
début de l'année. 
    Les anticipations des intervenants de marché sur des hausses 
de taux directeurs aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne cette 
année ne sont plus de mise. Les prix de marché actuels 
reviennent en fait à anticiper une baisse de taux directeur en 
Grande-Bretagne plutôt qu'une hausse. 
    Avec la chute des taux des obligations d'Etat, l'écart de 
rendement avec les obligations d'entreprise s'est creusé. Pour 
Zak Summerscale, responsable des investissements sur les 
obligations européennes à haut rendement chez Babson Capital 
Management, cela est aussi un signal de récession, même s'il ne 
privilégie pas ce scénario. 
    "Le risque le plus important, c'est une récession 
significative. Ce qui fait vraiment s'écrouler les titres à haut 
rendement d'un point de vue fondamental, c'est une récession 
significative", prévient-il. 
 
 (Marc Joanny pour le service français, édité par Bertrand 
Boucey) 
 
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