Les marchés n'excluent plus une hausse des taux de la BCE

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    par John Geddie 
    LONDRES, 10 novembre (Reuters) - Les investisseurs 
entrevoient une possibilité encore faible d'un relèvement de 
taux de la Banque centrale européenne (BCE) l'an prochain, ce 
qui serait une première depuis 2011, un scénario qui s'appuie 
sur la remontée rapide des anticipations d'inflation ces deux 
derniers jours. 
    Il faut remonter à juillet 2011 pour retrouver une hausse du 
taux de la facilité de dépôt de la BCE  ECBDF=ECBF  mais cette 
dernière était rapidement revenue sur sa décision pour cause de 
crise de la dette de la zone euro. Le taux de dépôt a depuis été 
ramené progressivement de 0,75% à -0,40%, son niveau actuel. 
    En mars dernier, après la dernière baisse de taux, le 
président de la BCE, Mario Draghi, a dit que l'institut 
d'émission n'irait pas plus loin et la plupart des économistes 
pensent que le statu quo durera plusieurs années afin d'appuyer 
la reprise économique de la zone euro. 
    Toutefois, l'un des effets secondaires de l'accession à la 
présidence des Etats-Unis de Donald Trump est une brusque 
remontée des anticipations d'inflation, les investisseurs 
estimant que sa politique budgétaire pourrait créer une 
inflation que les banques centrales ont toutes les peines du 
monde à revigorer depuis la crise financière de 2008. 
    Du coup, certains professionnels des marchés estiment que la 
BCE pourrait durcir sa politique monétaire plus tôt que prévu, 
même si elle s'est engagée à de multiples reprises à poursuivre 
longtemps une politique monétaire ultra-accommodante. 
    "Nous jouions ces derniers mois sur la probabilité de voir 
les taux diminuer encore mais désormais, le marché l'exclut 
totalement et on peut même suggérer à présent qu'il existe une 
très faible probabilité de hausse des taux à l'horizon d'un an 
environ", dit Peter Schaffrik, stratège de RBC. 
     
    LES ANTICIPATIONS DE BAISSE DE LA LIQUIDITÉ JOUENT AUSSI 
    Il met en avant le taux interbancaire forward Eonia calculé 
aux dates des réunions de politique monétaire de la BCE du 
second semestre 2017, qui est monté aux alentours de -0,33% 
jeudi, un peu au-dessus du taux Eonia au jour le jour  EONIA=  
qui avoisine -0,34%. 
    Les marchés en déduisent une probabilité de 10% environ 
d'une hausse de 10 points de base du taux de dépôt de la BCE 
d'ici la fin 2017.  ECBWATCH  
    Autre signe du changement d'état d'esprit des investisseurs: 
le taux forward Eonia à un an  EUREON1Y=TWEB  est passé 
au-dessus de l'Eonia au jour le jour pour la première fois 
depuis que la BCE a lancé son programme d'assouplissement 
quantitatif, soit depuis le début 2015.  (http://tmsnrt.rs/2eFyZxb) 
    Pour Ben May, économiste d'Oxford Economics, cette hausse 
des taux Eonia forward atteste peut-être d'une certaine 
probabilité de hausse des taux mais elle s'explique également 
par des facteurs techniques tels que les anticipations d'une 
baisse de la liquidité. 
    "Il est très peu probable que la BCE relève les taux l'an 
prochain. Pour nous, ça attendra 2020", dit-il.  
    La BCE décidera en décembre s'il y a lieu de prolonger 
au-delà de mars 2017 son programme de rachats obligataire. Les 
marchés s'interrogent aussi sur la possibilité que la BCE puisse 
opter pour un allègement progressif ("tapering") de ce programme 
mensuel. 
     
 
 (Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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