Les marchés financiers face au nucléaire

le
0
Après la catastrophe japonaise, les investisseurs peinent à évaluer les conséquences pour le secteur. Le titre de Tepco, qui exploite la centrale, a chuté de 79% en moins d'un mois.

Au Japon, Tepco, l'opérateur de la centrale de Fukushima, a vu sa capitalisation boursière chuter de près de 80% en trois semaines. Confronté à une catastrophe nucléaire majeure, il dévisse logiquement. La question d'une nationalisation de la société, qui fournit de l'électricité à un Japonais sur trois, a été évoquée la semaine dernière. Une hypothèse jugée «pour l'instant» prématurée par les autorités japonaises. L'urgence est ailleurs: colmater les brèches pour limiter fuites et rejets dans l'océan Pacifique. Car la situation de la centrale nucléaire de Fukushima et de ses réacteurs est loin d'être réglée. «Il faudra des mois ou des années pour que ce soit le cas», ont reconnu les responsables de Tepco.

Sur les marchés financiers, les perspectives des valeurs liées au nucléaire se sont obscurcies. «Le monde va devoir modifier son approche sur l'énergie nucléaire à la suite de la crise en cours à la centrale de Fukushima au Japon», a déclaré lundi à Vienne le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie nucléaire, Yukiya Amano, en ouverture d'une réunion de la Convention sur la sûreté nucléaire. Rien d'étonnant donc à ce que les valeurs du secteur patinent. L'indice WNA nuclear energy index, qui regroupe 65 valeurs (exploitants et constructeurs de centrales mêlés), a ainsi perdu 7% en trois semaines. «Aujourd'hui, les investisseurs sont dans l'attente d'informations pour évaluer l'impact de cette catastrophe», résume Tangi Le Liboux, chez Aurel BGC. Hasard du calendrier, la semaine dernière, le spécialiste français du nucléaire Areva, dont le public détient 4% du capital, a fait ses premiers pas en vue de coter ses actions en Bourse. La société, cotée via des certificats d'investissement (sans droits de vote), doit y être représentée avant fin juin par des actions. La valeur a perdu 13% depuis le 10 mars.

LIRE AUSSI :

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant