Les marchés européens se tendent, doutes sur la BCE

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    par John Geddie 
    LONDRES, 16 octobre (Reuters) - Les coûts d'emprunt de 
certains des pays les plus endettés de la zone euro sont 
repartis à la hausse jeudi, les marchés financiers restant 
soumis à de fortes tensions face à la multiplication des signes 
de ralentissement de l'économie mondiale et à l'absence de 
soutien monétaire à brève échéance. 
    Le rendement des obligations grecques à 10 ans est repassé 
au-dessus de la barre symbolique de 8%  GR10YT=RR  pour la 
première fois depuis février. Vers 8h10 GMT, le rendement 
italien s'affichait en hausse de 13 points de base à 2,52% 
 IT10YT=RR , l'espagnol en hausse de 10 points à 2,20% 
 ES10YT=RR  et le portugais prenait 11 points à 3,41% 
 PT10YT=RR .  
    Les écarts de rendement de ces pays avec les titres 
allemands, considérés comme faisant partie des plus sûrs de la 
zone euro, sont à leur plus haut niveau depuis deux mois. Le 
rendement à 10 ans français, lui, s'affichait à 1,17%, contre 
1,135% mercredi  FR10YT=RR .  
    Les Bourses européennes, qui avaient perdu plus de 3% 
mercredi, ont débuté dans le vert mais ce rebond reste fragile : 
après une heure d'échanges, l'indice paneuropéen FTSEurofirst 
300  .FTEU3  prenait 0,1% et à Paris, l'indice CAC 40  .FCHI  
était pratiquement inchangé, mais Milan cédait 0,65%  .FTMIB , 
Madrid 0,87%  .IBEX  et Athènes 1,57%  .ATG .  
    Certains investisseurs commencent à s'interroger sur la 
capacité réelle de la Banque centrale européenne (BCE) à 
prévenir une nouvelle crise de la dette souveraine en zone euro. 
    "C'est un début (...) mais si le marché perd confiance dans 
ce que peut faire la politique monétaire pour endiguer le 
ralentissement de la croissance mondiale et le risque de 
déflation, cela pourrait devenir un problème bien plus grave", 
explique Mathias van der Jeugt, responsable de la stratégie taux 
de la banque KBC.  
     
    "LA BCE N'A PLUS QU'UNE CARTE À JOUER" 
    C'est dans ces conditions que le Trésor espagnol doit 
adjuger dans la journée entre 2,5 et 3,5 milliards d'euros 
d'obligations à 10 et 15 ans, tandis que la France prévoit de 
placer 6,5 à 7,8 milliards de dette.  
    Le soudain regain de nervosité des marchés est lié entre 
autres aux craintes de voir la Grèce s'affranchir trop tôt du 
soutien du Fonds monétaire international (FMI), pour des raisons 
principalement politiques. 
    Alors que la Bourse d'Athènes a chuté de plus de 11% en deux 
jours, la BCE a réduit la décote qu'elle applique sur les 
obligations que les banques grecques apportent comme garantie 
pour emprunter à ses guichets, ce qui leur permet d'accéder à 
davantage de liquidités, a dit à Reuters un responsable de la 
banque centrale grecque.  ID:nL6N0SB1E6  
    Les investisseurs sont aussi préoccupés par la perspective 
de voir la Commission européenne retoquer les budgets français 
et italien, qui ne respectent pas les européens initiaux en 
matière de réduction des déficits. 
    Certains surveillent aussi les audiences qui ont débuté 
mardi à la Cour européenne de justice sur les OMT (opérations 
monétaires sur titres) de la BCE, en clair son engagement à 
acheter sur les marchés des obligations d'Etat pour prévenir une 
crise, un programme contre lequel des Allemands ont porté 
plainte en estimant qu'il violait à la fois la constitution 
allemande et le mandat de la banque centrale. 
    Si ces plaintes aboutissent, la principale arme 
d'assouplissement quantitatif dont dispose la BCE pour venir en 
aide au marché de la dette souveraine serait neutralisée. 
    "La BCE n'a plus qu'une carte à jouer et elle ne semble pas 
près de le faire", a dit un trader obligataire.  
    * Tableau des principaux marchés mondiaux :  ID:nL6N0SB1TB  
 
 (Marc Angrand pour le service français, édité par Véronique 
Tison) 
  
  

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