Les marchés européens se reprennent après une semaine difficile

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS (Reuters) - Les Bourses européennes se sont reprises lundi, après avoir été dans une situation difficile la semaine passée, portées par des rumeurs de fusion dans le secteur des télécoms.

Pour autant, les traders pensent que les places européennes ne bougeront guère au cours des deux prochaines séances en attendant que la Réserve fédérale américaine précise ses intentions en matière d'assouplissement quantitatif (QE).

Son comité monétaire se réunit mardi et mercredi et si Wall Street dans l'intervalle monte bien - les trois indices gagnaient plus de 1% au moment de la clôture européenne - c'est précisément parce que les boursiers américains espèrent que la Fed ne reviendra pas sur ce QE caractérisé à l'heure actuelle par des achats obligataires représentant 85 milliards de dollars par mois.

L'indice FTSEurofirst 300 a terminé sur un gain de 0,76%, tandis que l'EuroStoxx 50 a bondi de 1,4%.

A Paris, le CAC 40 a repris 1,54% à 3.863,66 points, après un recul de 1,7% la semaine dernière. Le Dax allemand a pris 1,08% alors que le FTSE britannique se contentait d'un gain de 0,35%.

Le secteur des télécoms a réalisé le meilleur gain de la journée (+1,62%) avec un bond de 6,68% de l'opérateur néerlandais KPN, plus forte hausse du jour de l'EuroStoxx50 et du FTSEurofirst 300.

Dans le même secteur, l'espagnol Telefonica a pris 2,3%. Le groupe espagnol a démenti avoir reçu une manifestation d'intérêt d'AT&T, réfutant ainsi les informations d'un journal espagnol selon lesquelles le gouvernement a mis son veto à une offre de 70 milliards d'euros de l'américain.

Bonne hausse également pour France Télécom (+3,08%), dont la filiale Orange a maintenu à son poste le PDG Stéphane Richard, mis en examen dans le cadre de l'affaire Tapie.

Peter Rice (Logic Investments) est quelque peu sceptique sur la profondeur réelle de cette remontée des Bourses. "Le rally semble de nature corrective; nous ne voyons pas d'argent frais sur le marché. On reste bien loin des pics de mai et on semble encore coincé dans nos marges. A tout prendre, le risque reste baissier", analyse-t-il.

Sur le marché des changes, le dollar a progressé contre le yen pour la première fois en cinq séances, porté par la hausse des Bourses. Pour autant, il risque de fluctuer étroitement - ce qui est le cas face à l'euro - tant que les cambistes n'en sauront pas plus sur les intentions de la Fed.

Le billet vert a brièvement accentué ses gains après la parution de l'indice manufacturier "Empire State" de la Fed de New York, qui a révélé un redressement de la croissance dans cette région, même si une seconde lecture de ses composantes exige d'y regarder de plus près.

Une autre statistique - l'indice immobilier de la NAHB - a été plus encourageante. L'indice est au plus haut depuis 2006, montrant une nouvelle amélioration du sentiment des promoteurs immobiliers.

Sur le marché obligataire, la dette allemande courte a reflué et celle des pays périphériques s'est stabilisée, voire a un peu progressé. Mais là encore, la Fed est la clé du marché et celui-ci évoluera en fonction des annonces qui seront faites mercredi soir. Dans l'intervalle, le marché attend, en témoignent des volumes d'échanges bas.

Mais quoi qu'il en soit, David Schnautz (Commerzbank) observe que le marché a pris acte de l'idée qu'amoindrir un peu le stimulant monétaire ne revenait pas à un durcissement pur et simple de la politique monétaire. Même si la Fed annonce un ralentissement de son programme de rachats obligataires, elle le fera de telle manière que les marchés "restent calmes et n'interprètent pas cette décision comme le début de la fin (de la stimulation monétaire)".

Le marché pétrolier progresse lui modérément mais il est assez instable. La confrontation des grandes puissances sur la question syrienne constitue un élément de soutien.

Mais d'autre part, des stocks en surabondance et les prévisions moroses pour la demande mondiale l'empêchent d'aller vraiment de l'avant.

Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Véronique Tison

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