Les marchés européens ont lourdement chuté

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LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES
LA CLÔTURE DES BOURSES EUROPÉENNES

PARIS/LONDRES (Reuters) - Les Bourses européennes ont lourdement chuté jeudi, plombées par des statistiques économiques médiocres en France et en Italie et par des inquiétudes concernant la première banque portugaise cotée, entraînant Wall Street dans leur sillage.

À Paris, le CAC 40 a perdu 1,34%, soit 58,58 points, à 4.301,26. Le Footsie britannique a abandonné 0,68% et le Dax allemand 1,52%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 et le FTSEurofirst 300 reculaient respectivement de 1,64% et de 1%.

Les craintes sur la solidité de Banco Espirito Santo (BES), première banque portugaise cotée, ont fait plonger le secteur bancaire, dont l'indice européen a cédé 1,65% pour revenir à son plus bas niveau depuis sept mois.

Au moment de la clôture en Europe, les principaux indices américains abandonnaient entre 0,53% et 0,67% à Wall Street, où l'indice de volatilité VIX a atteint son plus haut niveau depuis le 20 mai.

Les mauvais chiffres de la production industrielle en Italie, qui a enregistré en mai sa baisse mensuelle la plus marquée depuis novembre 2012, et en France, où elle a chuté de 1,7%, alimentent parallèlement les doutes sur la vigueur de la reprise économique dans la région.

A Paris, le CAC 40 a brièvement enfoncé le seuil de 4.300 points.

L'indice phare de la Bourse de Lisbonne PSI a lâché 4,1%, à un plus bas de neuf mois. La cotation de BES, a été suspendue à Lisbonne après la chute -jusqu'à 19%- de son titre sur des informations évoquant une restructuration de sa dette.

"La situation de BES est celle d'un enchevêtrement de participations croisées et de dettes inexpliquées qui mettent en évidence les risques qui subsistent dans certaines banques européennes", estime Lorne Baring de B Capital Wealth Management.

"Il y a un peu d'effet de contagion sur les marchés aujourd'hui. Cependant, cela pourrait être une réaction exagérée aux informations sur BES, le jour où les chiffres italiens indiquent une chute de la production industrielle alors que le marché attendait une hausse. Certains investisseurs pourraient s'interroger sur la solidité de la reprise dans les pays européens dits périphériques après de solides gains sur les marchés".

Parmi les grandes valeurs bancaires européennes, Société Générale a perdu 2,15%, UniCredit 2,52% et Banco Santander 2,35%. A Wall Street, Goldman Sachs cède 1%, JPMorgan 0,8%.

Parmi les rescapés, Safran a terminé en tête des hausses du CAC 40 après avoir été choisi par General Electric comme partenaire pour son programme de réacteur GE9X, destiné à équiper le futur Boeing 777X.

Sur le marché obligataire, la Grèce, victime du regain de tension général, n'a réussi à lever que 1,5 milliard d'euros lors de l'émission d'obligations à trois ans alors que le Trésor prévoyait initialement de lever 2,5 à 3,0 milliards.

Dans ce contexte, les rendements des emprunts d'Etat à 10 portugais se sont inscrits en nette hausse, tout comme l'ensemble des rendements obligataires des pays dits périphériques de la zone euro. La situation en Europe favorisant le retour de l'aversion au risque, les rendements des Treasuries ont atteint des plus bas de cinq semaines.

Considéré comme une valeur refuge en zone euro, le rendement de l'emprunt d'Etat allemand (Bund) à 10 ans est revenu à 1,203% en fin de séance.

Sur le marché des changes, l'euro recule face au billet vert, juste en dessous de 1,36 dollar.

Le pétrole continue de refluer pour la neuvième séance consécutive avec un baril de Brent proche de 108 dollars. Les cours sont tirés vers le bas par le ralentissement de la demande aux Etats-Unis et la perspective de la hausse des approvisionnements en provenance de Libye.

(Michael Connor et Atul Prakash, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Marc Angrand)

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